Olivier Falorni (PRG) accuse le FN d'avoir un permanent chargé de braquer un maximum de QAG aux autres députés non inscrits

Publié à 11h29, le 02 novembre 2017 , Modifié à 12h26, le 02 novembre 2017

Olivier Falorni (PRG) accuse le FN d'avoir un permanent chargé de braquer un maximum de QAG aux autres députés non inscrits
Les députés FN à l'Assemblée. © Thomas SAMSON / AFP
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Loïc Le Clerc pour

Comment exister dans l'hémicycle sans groupe ? Avec ses huit élus, le Front national n'a pas pu créer de formation à l'Assemblée nationale, il faut minimum quinze députés. Résultat : pas d'accès aux postes-clés, pas de président de groupe pour demander une suspension de séance ou un scrutin public, et surtout moins de temps de parole, d'autant qu'il faut se le partager entre élus aux idées radicalement différentes.

Face à cette situation, le FN a trouvé une astuce : il braque les questions au gouvernement. C'est le député non inscrit Olivier Falorni (PRG) qui alerte L'Express, paru le 1er novembre. Le radical de gauche déplore que, lorsque l'Assemblée informe les non inscrits qu'une question au gouvernement leur est allouée, au FN, "ils ont un permanent qui répond tout de suite".

Par "permanent", Olivier Falorni, contacté par le Lab, voulait dire que "au FN, ils sont huit ou neuf, donc même s'ils n'ont pas de groupe, ils ont des collaborateurs à Paris, donc ils sont plus attentifs, plus opérationnels dans la réaction à ce fameux mail de l'Assemblée. Il faut juste être plus réactif qu'eux." Un système que le radical juge "grotesque". 

Car la plupart des QAG des non inscrits sont posées par des députés frontistes. Pour rappel, il y a 18 députés non inscrits : neuf élus d'extrême droite dont huit FN, quatre PRG, trois Corses et les deux inclassables Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle.

Contactée par le Lab, l'administration de l'Assemblée rappelle que "les non inscrits peuvent poser une question toutes les quatre séances" et explique ce quasi-monopole du FN situation de la sorte :

Les services de l'Assemblée indiquent, le moment venu, à tous les députés non inscrits qu'une question est pour eux. Le premier qui répond est le premier inscrit.

Quant à savoir si une répartition de la parole prenant en compte la coloration politique des non inscrits est envisageable, on nous renvoie au règlement :

C'est tout le problème du statut des non inscrits. Ils ne constituent pas un groupe, c'est un ensemble hétéroclite. L'Assemblée ne peut pas s'adresser à eux comme si c'était un tout. Il est difficile de faire un tour de parole précis, car c'est consubstantiel à l'idée de groupe. Après, ils peuvent s'organiser entre eux et rien n'empêche les radicaux de faire comme le FN.

Mi-août, Sébastien Chenu accusait François de Rugy d’empêcher le FN de créer un groupe en n'abaissant pas le seuil des quinze parlementaires nécessaires. Un obstacle auquel les frontistes tentent donc de s'accomoder par tous les moyens.









[EDIT 11H50]

Très énervé par les accusations d'Olivier Falorni, Sébastien Chenu raconte au Lab qu'un "permanent" FN en charge d'obtenir avant les autres une question au gouvernement, "c'est n'importe quoi, c'est faux". Le député frontiste explique que leurs collaborateurs "font leur boulot, peut-être pas celui de Falorni".

Sébastien Chenu trouve que cette "course aux clics est un système ridicule et humiliant". Un problème qu'il a déjà remonté au président de l'Assemblée François de Rugy, lequel lui a simplement répondu que ce système n'est "pas très correct" et qu'il s'est "réservé le droit de regarder le problème dans sa réforme de l'Assemblée".

Et si jamais un député non inscrit et non FN veut poser lui aussi sa question au gouvernement, Sébastien Chenu l'assure : "Notre collègue corse ou Nicolas Dupont-Aignan nous ont demandé de ne pas cliquer, on l'a fait".

Une situation qui n'est pas pour satisfaire Olivier Falorni :

C'est bien mal me connaître que croire qu'un jour je vais demander la permission au FN de poser une question au gouvernement.

 

[EDIT 12H15] Ajout réactions Olivier Falorni

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