Penelope Gate : sans preuve, Ciotti et Debré accusent Jouyet, Jean-Louis Nadal, l'Élysée et Macron d'être à la manoeuvre

Publié à 09h18, le 02 février 2017 , Modifié à 20h09, le 02 février 2017

Penelope Gate : sans preuve, Ciotti et Debré accusent Jouyet, Jean-Louis Nadal, l'Élysée et Macron d'être à la manoeuvre
Bernard Debré et Éric Ciotti © Montage Le Lab via Public Sénat et Franceinfo:
Image Etienne Baldit


QUI EST LA TAUPE ? - "Cette opération ne vient pas de chez nous, pas de notre camp. Cette affaire vient du pouvoir", a balancé François Fillon devant ses troupes, mercredi 1er février. Le candidat LR à la présidentielle, empêtré dans le scandale des emplois fictifs présumés de son épouse Penelope, a aussi dénoncé une "tentative de coup d'État institutionnel" venu de "la gauche". Ses soutiens partagent évidemment ce point de vue. Et les plus fervents balancent même ouvertement - et sans la moindre preuve évidemment - les noms de ceux qui font, selon eux, partie du comploooooooooooooooot. 

Jeudi 2 février, ce sont donc les députés LR Éric Ciotti et Bernard Debré qui citent, pêle-mêle et sur la base de vagues "suspicions" ou simples déductions, Jean-Pierre Jouyet, François Hollande, Emmanuel Macron ou encore l'ancien juge et président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique Jean-Louis Nadal comme grands organisateurs de cette *chasse à l'homme*. Notez au passage que leurs *investigations* ne portent évidemment pas une seule seconde sur leur propre camp... 

Éric Ciotti sur Franceinfo: explique ainsi :

Les éléments qui sortent, les contrats, les chiffres, qu'ils soient dans le domaine privé ou dans celui de l'Assemblée nationale, du Sénat, il y a qu'un lieu où tous ces éléments sont recensés de façon exhaustive : c'est à Bercy. C'est à Bercy. Voilà. Donc après... [...] Il y a en tout cas les déclarations de revenus de façon exhaustive sur toutes les années, bien entendu. [...] Ça veut dire que le pouvoir en place a la capacité de disposer de ces éléments et on voit bien que c'est une possibilité. Si on converge, si on rapproche ces deux éléments - à qui profite le crime et qui dispose des éléments pour commettre le crime - vous avez déjà des indices pour mener l'enquête.

[...] [Emmanuel Macron] est très proche de l'actuel président de la République, du secrétaire général de l'Élysée qui a fait monter monsieur Macron. Le secrétaire général de l'Élysée, c'est monsieur Jouyet. Moi je le dis très clairement, ce sont des faits. Monsieur Macron n'est pas éloigné de ce pouvoir, au contraire, il bénéficie, au sein de l'appareil d'État, d'un soutien très important. Nul n'ignore que monsieur Jouyet a été un acteur majeur dans la montée en puissance de monsieur Macron. Et nul n'ignore, aussi, l'opportunisme légendaire de monsieur Jouyet, qui a été jusqu'à être ministre de Nicolas Sarkozy avant d'être secrétaire général [de l'Élysée] de François Hollande et d'être un soutien de monsieur Macron.

Est-ce donc Jean-Pierre Jouyet "qui tire les ficelles" ? "Ce n'est pas ce que j'ai dit, reprend Ciotti, l'air de ne pas y toucher. J'ai dit : 'À qui profite le crime ?'. C'est manifestement au pouvoir."





Quant à Bernard Debré, sur Public Sénat et Radio Classique, il affirme qu'une "officine" est derrière tout ça, même s'il ne "sait pas laquelle". S'en suit cet échange :

- Bernard Debré : On n'a pas de preuve, mais on sait tr...

- Journaliste : Alors pourquoi avancer que c'est une officine ?

- Bernard Debré : Parce qu'on est en train de chercher et qu'on a des suspicions. Ces suspicions, c'est monsieur Nadal, qui a été nommé par le gouvernement, c'est monsieur... euh... un conseiller de François Hollande qui est là pour ça. On le sait bien ! Voilà.

Lui aussi cible-t-il Jouyet ? "Pas du tout, monsieur Jouyet n'est pas venu dans ma bouche, c'est vous...", se défend Bernard Debré. Et de reprendre sur le juge Nadal : "Bien entendu : il a été nommé pour ça ainsi que d'autres". La suite : 

- Journaliste : Ça profite à qui ?

- Bernard Debré : Bah à la gauche, à qui voulez-vous que ça profite ? Ça profite à monsieur Macron, c'est évident. Quand l'affaire a commencé, on pouvait imaginer entre Hamon et Valls, l'un des deux. Alors ça profitera pas beaucoup à Hamon mais ça profitera à...

- Journaliste : Tout est monté depuis l'Élysée ?

- Bernard Debré : Ah bah j'en suis absolument persuadé, persuadé ! Qui voulez-vous qui monte ça, qui voulez vous qui ait ces informations ?

On sent donc qu'ils se donnent du mal pour débusquer les conjurés. Et dire qu'il aurait suffi, comme l'a très calmement suggéré Éric Woerth, que Le Canard Enchaîné révèle sa ou ses source(s) dans ce dossier... 

Du rab sur le Lab

PlusPlus