Perpignan : MoDem et FN dénoncent une conférence avec des imams radicaux

Publié à 12h24, le 10 mars 2016 , Modifié à 17h59, le 10 mars 2016

Perpignan : MoDem et FN dénoncent une conférence avec des imams radicaux
Christine Espert et Louis Aliot © Montage via AFP
Image Le Lab

Julien Vallet pour

C'est une élue centriste qui, la première, a soulevé le lièvre. Samedi 12 mars, la Salle des libertés de Perpignan doit accueillir une conférence sur le thème "L'éducation, notre priorité". Les deux "conférenciers" ont attiré l'attention de Christine Espert, qui dirige le MoDem dans les Pyrénées-Orientales. "Ils véhiculent une idéologie sectaire qui est attentatoire aux valeurs de la République et aux droits des femmes en particulier", explique-t-elle dans L'Indépendant le 10 mars. Elle poursuit :



Laisser des prédicateurs salafistes faire du prosélytisme dans une salle municipale en plein mois des droits des femmes est très inquiétant. Surtout dans une ville comme Perpignan où on sent un repli communautaire dans les quartiers.

De fait, Rachid Haddach et Abou Omar, les deux orateurs, ne sont pas des inconnus. Le premier est par exemple un prédicateur jadis lié au Centre islamique et culturel de Belgique (CICB) et épinglé par un reportage du quotidien belge Le Soir sur les milieux salafistes bruxellois. Selon une note des services de renseignement dévoilée par Marianne, Abdelkader Merah aurait assisté à l'une de ses conférences en 2007. Le frère de Mohamed Merah est connu pour défendre des positions aussi extrémistes que le tueur au scooter, qui avait assassiné trois enfants dans une école juive de Toulouse en 2012 ainsi que trois militaires à Toulouse et Montauban.

Le Front national, lui aussi, s'étrangle de la venue des deux hommes à Perpignan, par la voix de son vice-président, Louis Aliot, qui siège au conseil municipal. Sur Twitter, l'élu frontiste, qui s'en prend régulièrement à l'"islam fondamentaliste" au niveau local, publie l'article de l'Indépendant accompagné de ce commentaire :





Cette affaire n'est pas sans en rappeler une autre, survenue il y a tout juste deux semaines. Comme le révélait Marianne, le 25 février, une conférence animée par trois imams radicaux s'est tenue dans un gymnase municipal le soir du Nouvel An. Une réunion qui a reçu, écrit le magazine, "la bénédiction" du maire (LR) Bruno Beschizza, ancien syndicaliste policier connu pour sa proximité avec Nicolas Sarkozy. Contacté par Le Lab, la municipalité avait protesté de sa bonne foi et de son impuissance. Dans des cas pareils, les mairies ont peu de marge de manoeuvre. "On ne fait pas de censure a priori, sauf si ces personnes étaient visées par une obligation de quitter le territoire", expliquait-on alors dans l'entourage du maire.

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