Pour 2017, Jean-Marie Le Guen appelle à "des convergences républicaines" entre la droite et la gauche

Publié à 16h28, le 10 avril 2016 , Modifié à 16h34, le 10 avril 2016

Pour 2017, Jean-Marie Le Guen appelle à "des convergences républicaines" entre la droite et la gauche

APPEL DU PIED- Comment gagner en 2017 ? A cette question épineuse qui agite une partie des cadres du PS, Jean-Marie Le Guen propose une réponse radicale. Pour le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, pas de doute, il faut gouverner avec une partie de la droite.

Invité du Brunch politique de Sud Radio ce dimanche 10 avril, l’ex-député de Paris commence par critiquer "les postures qui minent" la politique en France. Le secrétaire d’Etat se veut ensuite lucide sur l’état de la gauche et de la droite, aujourd’hui selon lui au même niveau que le Front national :

 

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Voyons les élections présidentielles (sic) qui vont avoir lieu dans un an et les élections législatives qui suivront. Chaque camp, en gros, représente un tiers, pour faire simple. Est-ce qu’on peut penser véritablement qu’on va gouverner la France demain avec 25% ?

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Relancé par l’intervieweur Louis Morin, Jean-Marie Le Guen explique que le candidat qualifié pour le second tour face au FN n’aura pas le choix et devra rassembler largement pour l’emporter :

 

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C’est une question de compromis […] Si demain, c'est le candidat de gauche qui est en tête au premier tour, enfin qui est qualifié, il faudra qu'il aille chercher les électeurs de droite. Si c'est le candidat de droite, il faudra qu'il aille chercher les électeurs de gauche. Pas en les méprisant, pas en ne passant pas des compromis avec leurs aspirations.

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Pour écarter le FN, Jean-Marie Le Guen se prononce donc pour des "convergences républicaines" entre la gauche et la droite. Et se lâche sur une éventuelle grande coalition après l’élection présidentielle de 2017 :

 

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Ça ne me choquerait pas que demain, après 2017, il y ait des personnalités d'horizons différents qui travaillent ensemble.

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Le souhait de Jean-Marie Le Guen va dans le sens de la démarche entreprise cette semaine par Emmanuel Macron, qui souhaite agréger les bonnes volontés avec son mouvement "En Marche", par-delà la droite et de la gauche.

Un tel choix serait diamétralement opposé à celui de Jacques Chirac en 2002 : après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, le Corrézien n’avait pas invité la gauche à gouverner avec l’UMP.  

Interrogé en janvier 2015 sur Europe 1 quant à la possibilité de gouverner avec la gauche en 2017, Alain Juppé s’est montré ouvert à cette idée :

 

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J'appelle [à] un large regroupement de la droite et du centre […] peut-être un jour faudra-t-il aller aussi au-delà, non pas par des combinaisons individuelles ou des recrutements personnels, mais par un accord sur un projet.

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Une grande coalition qui ferait à n’en pas douter le miel des cadres du FN, toujours prompts à critiquer le "système UMPS".

Du rab sur le Lab

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