Pour Marion Maréchal-Le Pen, les Français sont plus préoccupés par la burqa que par la sortie de l'euro

Publié à 16h47, le 10 juin 2016 , Modifié à 13h39, le 11 juin 2016

Pour Marion Maréchal-Le Pen, les Français sont plus préoccupés par la burqa que par la sortie de l'euro
Marion Maréchal-Le Pen © AFP

Au cas où le message n'aurait été pas totalement perçu avec le recrutement de plusieurs figures du Bloc Identitaire, Marion Maréchal-Le Pen a décidé d'appeler désormais un chat un chat. La députée FN du Vaucluse se décrit ainsi aujourd'hui elle-même comme la représentante d'une droite "identitaire" alors qu'il fut un temps où les identitaires étaient chassés du parti... Aujourd'hui, les choses sont différentes .

Si l'élue frontiste assume aujourd'hui ce côté "identitaire", c'est parce qu'elle pense que cela correspond aux attentes des Français. Ces dernières sont d'ailleurs très claires : la France a peur d'être grand remplacée, du moins selon les dires d'une certaine frange de l'extrême droite, étiquette que la députée FN, en revanche, refuse.

Citée par Le Monde ce vendredi 10 juin, l'élue frontiste estime :

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Le chômage arrive en troisième position des préoccupations des Français, derrière la sécurité et l’identité, estime-t-elle. Le père de famille a peur que sa fille porte une burqa, il ne se pose pas la question de savoir si elle l’achètera en francs ou en euros.

 

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Au-delà de la provocation, cette déclaration a deux objectifs : porter un discours extrêmement identitaire tout en se démarquant de manière flagrante de la ligne Florian Philippot. Le numéro 2 du FN a fait de la sortie de l'euro l'Alpha et l'Omega du programme du Front national. En expliquant que "le père de famille" se moque de savoir si sa fille pourra acheter sa burqa "en francs ou en euros", la députée du Vaucluse suggère à l'inverse que la question monétaire, pierre angulaire de la souveraineté nationale revendiquée par le FN, n'est pas très importante. Le militant frontiste risque d'en perdre son latin…

Cette déclaration illustre donc une nouvelle fois comment s'opère l'opposition entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot, une opposition qui dépasse le cadre de ces deux personnalités mais touche deux franges du FN, ces deux lignes ce que l'on présente schématiquement comme le FN du Nord, plus porté sur les questions économiques, et le FN du Sud, vraisemblablement tourné vers les thématiques identitaires. Marion Maréchal-Le Pen ratisse d'un côté, Florian Philippot de l'autre, quitte à souvent s'opposer .

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