Présidentielle : le cinglant réquisitoire d’Arnaud Montebourg contre le manque de loyauté de Manuel Valls

Publié à 08h30, le 16 mars 2017 , Modifié à 08h46, le 16 mars 2017

Présidentielle : le cinglant réquisitoire d’Arnaud Montebourg contre le manque de loyauté de Manuel Valls
Manuel Valls et Arnaud Montebourg. © AFP
Image Sébastien Tronche


IL EST OU LE RESPECT ? - La campagne présidentielle de Benoît Hamon n’est pas un long fleuve tranquille. Surtout quand une partie de son camp se détourne de lui pour regarder vers Emmanuel Macron. Et après François de Rugy, candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire organisée par le PS, qui a choisi de soutenir le candidat d’En Marche, c’est au tour de Manuel Valls de prendre ses distances avec son engagement à soutenir le vainqueur de la primaire.

Un manque de loyauté que fustige ce jeudi 16 mars un autre battu de la primaire, Arnaud Montebourg. Sur France Inter, celui qui a décidé de rallier Benoît Hamon dès le soir du premier tour du scrutin livre un cinglant réquisitoire contre Manuel Valls, qui "piétine le parti dont il s’est copieusement servi". Il dit :

Je regrette que quand on signe un engagement, on le transforme en chiffon de papier. Et c’est exactement ce que fait l’ancien Premier ministre Manuel Valls. Et il le fait en accentuant la dislocation de la gauche, piétinant le parti dont il s’est copieusement servi.

Et d’ajouter :

Lorsqu’on a signé un engagement, ce n’est pas qu’une parole. Ce n’est pas que la loyauté que l’on accorde à sa propre parole qui compte. Manuel Valls, comme moi, a été battu dans cette primaire. Et l’engagement qui a été signé sur un papier est de soutenir le vainqueur. 

"Ce qui est dangereux, c’est de faire disparaître le Parti socialiste", renchérit Arnaud Montebourg alors que Manuel Valls a fait savoir qu’il ne parrainerait pas Benoît Hamon pour la présidentielle. Pour autant, l’ancien Premier ministre, qui s’était donc engagé, comme tous les candidats à la primaire, à respecter le verdict des urnes et à soutenir le vainqueur, a assuré qu’il "ne quitte pas le PS", malgré son non-soutien au candidat de son parti.

Ce à quoi Benoît Hamon lui a répliqué en lui faisant la leçon sur "la démocratie" et "le respect de la parole donnée". Le candidat socialiste à l'élection présidentielle a encore déploré ce jeudi la rupture de "serment" de son adversaire à la primaire Manuel Valls. "Il rompt le serment qu'il a pris devant les électeurs", a dit l'ancien ministre de l'Education dans une interview au Parisien. Il poursuit :



J'ai une légitimité démocratique et politique. J'entends le sanglot de ceux qui ont perdu, mais ce n'est plus à mon agenda. Ma seule préoccupation est de parler aux électeurs de gauche. Je veux qu'ils submergent le calcul de ceux qui pensent au coup d'après et qui, en clair, ne veulent pas que je gagne l'élection présidentielle.

[BONUS TRACK] Lâche l'affaire Jean-Luc

Arnaud Montebourg a appelé Jean-Luc Mélenchon à abandonner la course à l'Elysée pour permettre à la gauche représentée par le socialiste Benoît Hamon "d'être au deuxième tour" de l'élection présidentielle. "J'appelle au retrait de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour nous permettre d'être au deuxième tour, nous en avons besoin, nous sommes devant le mur de l'histoire", a déclaré sur France Inter le candidat malheureux à la primaire de la gauche élargie. Il appelle au retrait du candidat de La France insoumise que les sondages placent cinquième au premier tour, derrière Benoît Hamon. Il estime que "son intelligence, son extrême culture et sa vision de la société française" devraient lui permettre de prendre cette décision. "Nous avons les moyens de convaincre l'un de s'effacer au profit de l'autre dans l'intérêt de la France", a-t-il ajouté.

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