VIDÉO - Le porte-parole du FN Sébastien Chenu fait un étrange parallèle entre #BalanceTonPorc et le retour en France de femmes djihadistes

Publié à 09h42, le 10 janvier 2018 , Modifié à 09h47, le 10 janvier 2018

VIDÉO - Le porte-parole du FN Sébastien Chenu fait un étrange parallèle entre #BalanceTonPorc et le retour en France de femmes djihadistes
Sébastien Chenu © Capture d'écran BFMTV
Image Sylvain Chazot


Il est parfois dur d'analyser la parole politique, encore plus de la vérifier. On n'ose imaginer la tâche s'il fallait la fact checker comme certains sites le font. Pourtant, parfois, cette analyse peut être assez simple et se résumer ainsi : ¯\_(ツ)_/¯

Le porte-parole du Front national Sébastien Chenu en délivre un exemple tout à fait parlant ce mercredi 10 janvier. Invité de BFMTV, le député FN du Nord parle de l'actualité, remet en cause l'efficacité de la baisse de la vitesse autorisée sur les routes pour diminuer le nombre de morts (alors que des études scientifiques le prouvent #FactChecking), évoque les élections européennes de 2019 ou encore l'éventuel changement de nom du FN.

Puis Sébastien Chenu est interrogé sur la tribune publiée mardi dans Le Monde par plusieurs personnalités dont Catherine Millet et Catherine Deneuve pour défendre "une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle" face à la libération de la parole des femmes. "Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", peut-on lire en entame de tribune. Le porte-parole du FN est plutôt d'accord avec cette idée. "Je trouve qu'elles [les signataires de la tribune] ont raison parce que ça a mis un peu mal à l'aise tout le monde cette histoire de #BalanceTonPorc", dit-il, estimant qu'il faut "rééquilibrer les choses".

Et soudain, alors que l'on ne s'y attendait pas, Sébastien Chenu dresse un parallèle tout à fait étrange entre d'un côté, la campagne de libération de la parole des femmes victimes d'agressions sexuelles et/ou de harcèlement et de l'autre, le retour de femmes djihadistes en France. Il explique :  

Soyons plus dur quand il s'agit de faits avérés. Permettons de libérer la parole mais sincèrement, c'est facile d'aller balancer des choses sur Twitter et puis de l'autre côté, on va accueillir madame Emilie König qui revient du djihad.

La preuve en vidéo : 





Niveau de rapport entre les deux informations sur l'échelle du genou : 0

Emilie König est l'une des premières femmes françaises à être partie combattre en Syrie, en 2012. Elle aurait recruté plusieurs centaines de personnes pour le compte de Daech. Arrêtée par les forces kurdes, la question du lieu de son procès est posée. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Grivaux a assuré début janvier qu'Emilie König sera jugée en Syrie si les "institutions judiciaires sont en capacité d'assurer un procès équitable". "On ne l'accueille pas mais il y a quand même beaucoup de femmes revenues du djihad qui sont aussi en liberté", tempère Sébastien Chenu face à Jean-Jacques Bourdin.

On a cependant du mal à voir le lien entre cette actualité et la séquence entamée avec les révélations sur Harvey Weinstein et la libération de la parole des femmes qui a suivi. Inquiétant du point de vue de Sébastien Chenu qui, juste avant de parler d'Émilie König dit souhaiter que l'on garde en France "la capacité de relation". Il précise :



N'aseptisons pas, dans notre société, les rapports entre les individus. Si aujourd'hui il n'est plus possible effectivement de monter à deux dans un ascenseur sans imaginer être dénoncé sur Twitter, ça posera un problème pour notre société.

Rassurons le porte-parole du FN : à moins d'avoir un comportement douteux, irrespectueux, délictueux ou criminel dans un ascenseur, il n'a a priori rien à craindre. 

Du rab sur le Lab

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