VIDÉOS - Quand Marine Le Pen moquait la "course au misérabilisme" que sont les déclarations de patrimoine

Publié à 16h44, le 21 décembre 2015 , Modifié à 16h49, le 21 décembre 2015

VIDÉOS - Quand Marine Le Pen moquait la "course au misérabilisme" que sont les déclarations de patrimoine
© AFP

#PASSIONARCHIVE - Après l'enquête pour fraude fiscale visant Jean-Marie Le Pen, voici venir les soupçons de sous-évaluation de patrimoine immobilier des eurodéputés Le Pen, père et fille. La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) indique en effet, lundi 21 décembre, avoir saisi le parquet financier après qu'elle a trouvé des inexactitudes dans les déclarations de patrimoine immobilier de Marine et Jean-Marie Le Pen.

Concrètement, la présidente du FN et son père sont donc soupçonnés d'avoir minoré la valeur de leur patrimoine immobilier. Si les faits sont avérés, ils auraient ainsi tenté de se faire passer pour plus pauvres qu'ils ne le sont. Or, Marine Le Pen s'est toujours méfiée des effets pervers des déclarations de patrimoine. Pas pour son cas personnel - "Ça ne me dérange pas [de la publier] en ce qui me concerne", a-t-elle pu expliquer par le passé - mais plutôt au regard d'une "course au plus pauvre" entre les élus de la République et les ministres.

Le 15 avril 2013, sur Canal +, elle raillait :

Tous ces élus de droite vont faire la course en disant : 'Regardez comme je suis honnête, je suis pauvre'. Est-ce à dire que ceux qui auraient un patrimoine seraient donc suspects d'être des voleurs ?



Ceux qui font la course au misérabilisme, ce sont ceux qui sont peut-être les plus suspects aux yeux des Français.



Quelques jours plus tôt, elle tenait à peu près le même discours sur RTL, ciblant plus particulièrement François Fillon :

 

C'est la course à celui qui sera le plus pauvre, comme si c'était somme toute un gage de moralité que d'arriver, par exemple, comme l'ancien Premier ministre, en disant 'oh j'ai rien, moi, j'ai trois francs 50 sur mon compte, j'ai une petite maison dans la Sarthe'.


Marine Le Pen : "C'est la course à qui sera le...par rtl-fr

Ce 21 décembre, Marine Le Pen annonce faire un recours devant le Conseil d'État. Elle dénonce par ailleurs une "volonté de nuire désormais systématique et outrancière".

# Les faits

Dans ces déclarations établies en 2014, la présidente et le (toujours) président d'honeur du FN auraient, selon Europe 1, sous-évalué leur patrimoine d'environ 60%. "Il existe un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de leurs déclarations, du fait de la sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun par monsieur Jean-Marie Le Pen et madame Marine Le Pen et, par ailleurs, de l'omission de biens mobiliers par monsieur Jean-Marie Le Pen", déclare la Haute Autorité dans un communiqué.

Les deux dossiers ont été transmis au procureur de la République financier. Si l'infraction est établie par le parquet financier, Jean-Marie et Marine Le Pen risquent jusqu'à 45.000 euros d'amende, trois ans de prison et dix ans d'inéligibilité au titre de la loi pour la transparence de la vie publique adoptée après l'affaire Cahuzac.

De son côté, Marine Le Pen estime au contraire dans un communiqué que c'est la HATVP qui surestime ledit patrimoine, par rapport à l'évaluation qui en est faite par le fisc :

 

Marine Le Pen a déjà déposé un recours pour excès de pouvoir contre l’évaluation de son patrimoine effectuée par la HATVP. En effet, cette évaluation de parts minoritaires de SCI est totalement contradictoire et gravement surévaluée avec celle opérée, depuis de nombreuses années, par l’administration fiscale.

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