Vote pour le FN : on n'a toujours pas compris où a voulu en venir François Fillon ?

Publié à 14h52, le 17 septembre 2013 , Modifié à 15h17, le 17 septembre 2013

Vote pour le FN : on n'a toujours pas compris où a voulu en venir François Fillon ?
François Fillon au siège de l'UMP le 17 septembre 2013 (images BFMTV)

Besoin d'un interprète ? Voilà, François Fillon s'est rabiboché avec ses "amis", comme il les appelle, de l'UMP. A l'issue d'un comité politique du parti réuni ce 17 septembre, Jean-François Copé a expliqué qu'il y avait un véritable "consensus" dans leur opposition aux "extrémismes et aux sectarismes". Et que tout ça [comprendre, la pataquès né des déclarations de l'ancien Premier ministre] n'avait été qu'un petit problème de "différence sémantique".

Jean-François Copé semble donc avoir compris où François Fillon avait voulu en venir. Nous, pas vraiment. Reprenons le fil de ses déclarations.

[8 septembre 2013] Votez FN si cela vous semble bien

Invité du Grand rendez-vous Europe 1 / Le Monde / i>TELE, François Fillon se fait limpide. Plus question de prôner le "ni-ni" en s'abstenant ou en votant blanc en cas de second tour FN/PS lors des municipales. Chacun fait ce qu'il lui plait :

- François Fillon : Si ce genre de situation se produit, je dis à mes amis "choisissez le moins sectaire".

- Journaliste : Un PS peut-il être plus sectaire qu’un FN ?

- François Fillon : Ca peut arriver.

[13 septembre 2013] Rebelote

En meeting à Nice, François Fillon réitère son propos, tout en tenant à préciser "qu'aucune alliance" n'est possible avec le FN mais que le dialogue est "nécessaire avec ses électeurs". Un déjà plus proche de celui de l'UMP.

Aux élections municipales, plus que dans toute autre élection, j’affirme que les électeurs sont bien placés pour juger (...) et repousser par eux-mêmes et en conscience ceux qui sont sectaires, incapables d’agir pour leur ville ou leur village avec tolérance et pour le bien public.

J’ai cru comprendre que le Front National se sentait visé. On ne peut rien lui cacher !

Mais j’ai aussi entendu certains dans la majorité se sentir concernés … Eh bien oui, le combat contre le sectarisme passe aussi par le parti socialiste qui, notamment, doit s’interroger sur ses relations avec l’extrême gauche avant de donner des leçons aux autres.

[17 septembre] En fait, on va pas trop bouger les lignes

A la sortie du comité politique de l'UMP, et après s'être fait désavouer par une grande partie de l'UMP pour ses propos, François Fillon est soudainement beaucoup moins prolixe sur cette histoire de vote FN. Plus de conseil de vote pour "le moins sectaire" des candidats.

L'ex-Premier ministre qui affirme vouloir "faire bouger les lignes", revient définitivement au discours traditionnel de l'UMP sur le "dialogue" avec les électeurs frontistes :

Si nous voulons appeler un rassemblement, nous devons nous adresser à ceux qui aujourd'hui sont tentés de voter pour le Front national, aussi à des hommes et femmes de gauche qui peuvent à un moment se retrouver autour d'un projet de redressement national.

Et d'insister désormais sur une nécessité "d'union nationale", qui ne devrait exclure personne ... mais sans mettre "sur le même plan" tous les partis :

J'ai appelé à lutter contre tous les sectarismes, parce que c'est l'ennemi du redressement national.

Le pays est frappé par une crise profonde, qui dure depuis longtemps et ne trouvera de solution qu'à travers un vrai mouvement d'union nationale qui dépasse les rangs des formations politiques actuelles.

Ce vrai mouvement d'union nationale, nous ne pouvons pas le créer en excluant, en mettant sur le même plan toutes les formations politiques.

Ce mardi, François Fillon se tourne donc - comme toute l'UMP depuis la campagne de Nicolas Sarkozy - vers les électeurs frontistes. Ce qui n'a plus grand chose à voir avec le fait de donner son aval aux électeurs UMP pour voter FN.

Du rab sur le Lab

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