Aurélie Filippetti, Benoît Hamon et Delphine Batho parmi les 39 députés socialistes qui se sont abstenus sur le volet recettes du budget 2015

Publié à 17h06, le 21 octobre 2014 , Modifié à 19h00, le 21 octobre 2014

Aurélie Filippetti, Benoît Hamon et Delphine Batho parmi les 39 députés socialistes qui se sont abstenus sur le volet recettes du budget 2015
Delphine Batho, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti rejoignent les frondeurs en s'abstenant sur le volet recettes du budget 2015 © Reuters - Montage le Lab

INSOUMIS - L'Assemblée nationale a adopté, à une très courte majorité, la première partie du projet de loi de finances pour 2015, celle concernant les recettes, mardi 21 octobre. Un volet recettes du budget voté à 266 voix pour, 245 contre et 56 abstentions, après des débats très tendus.

C'est bien ce dernier chiffre qui était très attendu. Les "frondeurs" du PS avaient en effet annoncé leur volonté de s'abstenir collectivement, comme ils l'avaient fait sur la confiance au gouvernement Valls 2. C'est chose faite : 39 députés socialistes se sont abstenus lors de ce vote. Soit huit de plus que lors du vote de confiance, le 16 septembre dernier.

Voici la liste de ces députés socialistes abstentionnistes :

Parmi les nouveaux "frondeurs", on trouve ainsi les anciens ministres Benoît Hamon, Delphine Batho et Aurélie Filippetti.  Les nouveaux députés PS "frondeurs" sont donc : Philippe Baumel, Delphine Batho, Jean-Louis Bricout, Benoît Hamon, Geneviève Gaillard, Jean-Patrick Gille, Patrice Prat, Pierre-Alain Muet, Arnaud Leroy et Aurélie Filippetti.

Par ailleurs, trois anciens "frondeurs" ont cette fois-ci apporté leur soutien au gouvernement : François Lamy (lui aussi ancien ministre et proche de Martine Aubry), Jean-Luc Laurent et Marie-Françoise Bechtel.

Sur son blog, François Lamy explique son vote par ces mots :

Je n'avais pas voté la confiance afin de montrer mon désaccord avec l'orientation générale annoncée par le Premier Ministre. Aujourd'hui, mon vote positif de la loi de Finances 2015 ne vaut pas approbation de celle-ci. Ce texte ne permet pas de relancer la croissance par l’investissement, l’innovation ou la formation ni de soutenir la demande, et va freiner l’investissement des collectivités au détriment de l’emploi.



[...] Mais je prends ma part à cette construction tant le moment est vital pour la gauche. Ce vote vaut donc appel au dialogue et au débat. J’espère que ce n’est pas pour la dernière fois.

14 écologistes se sont également abstenus. La droite et le Front de gauche ont voté contre et la grande majorité des socialistes et des radicaux de gauche ont voté pour.

Interviewé sur I>Télé en fin d'après-midi, Stéphane Le Foll a expliqué qu'il ne "comprenait pas cette abstention" et a rappelé à ses camarades socialistes qu'ils avaient été élus avec le soutien du parti : 

Je ne comprends pas cette abstention. Il peut y avoir des sujets, des points de vue à faire valoir. Mais là, c'est le budget de la France. Des propositions ont été faites, même par le Parti socialiste.



Il faut peut-être se rappeler que quand on est élu avec l'étiquette socialiste, ça oblige à avoir un minimum de discipline sur certains votes, surtout sur le budget.

Le porte-parole du gouvernement a même évoqué le vote des trois anciens ministres "frondeurs", estimant qu'il y avait dans ce vote d'abstention "un manquement au devoir" :

C'est assez incompréhensible, je ne comprends pas bien cette attitude. [...] Je sais pas si on se rend compte qu'on est à la tête d'un grand pays comme la France qui a des engagements, un besoin de s'en sortir. Sur le budget, il y a un devoir. Je trouve que là, il y a un manquement au devoir.

[Edit 18h53 : ajout des déclarations de Stéphane Le Foll]

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