Alain Juppé à Nicolas Sarkozy : "En matière d'ennuis judiciaires, il vaut mieux ne pas se livrer à un match"

Publié à 10h57, le 21 septembre 2014 , Modifié à 17h07, le 17 octobre 2014

Alain Juppé à Nicolas Sarkozy : "En matière d'ennuis judiciaires, il vaut mieux ne pas se livrer à un match"
Alain Juppé renvoie Nicolas Sarkozy à ses ennuis judiciaires © MaxPPP - Montage Le Lab

ARE YOU READY TO RUMBLE ? - Alain Juppé a la ferme intention de ne pas rentrer trop tard dans son "match" contre Nicolas Sarkozy. Invité du Grand Rendez-Vous Europe 1- Le Monde - i>TELE dimanche 21 septembre, le maire de Bordeaux a d'abord réaffirmé qu'il maintenait sa candidature aux primaires de l'UMP en vue de la présidentielle 2017. Son message : le retour de Nicolas Sarkozy ne change rien. Rien du tout :

Vous croyez que j'ai changé d'avis depuis un mois ? [...] Je ne suis pas une girouette, si j'ai dit ça c'est parce que j'ai bien réfléchi, parce que j'en ai envie, [...] et j'irai jusqu'au bout.



Je sais bien qu'aujourd'hui le match a commencé et que l'intox commence. On essaye de faire croire que je n'irai pas au bout. Si j'avais peur je ne ferais pas de politique, je sais ce que c'est qu'un match. Je préfère ce mot à celui de "combat", parce que dans un match il y a des règles du jeu, et un arbitre, c'est le peuple.

Le décor est donc planté. Mais son intervieweur lui rappelle alors les arguments de l'ex-chef de l'État pour discréditer sa candidature, comme l'écrit le JDD : "Il revient sur votre âge et vos ennuis judiciaires du passé". Réponse plus que cinglante d'Alain Juppé :

En matières d'ennuis judiciaires, il vaut mieux ne pas se livrer à un match, hein... Moi je ne vais pas passer mon temps à me positionner par rapport à Nicolas Sarkozy, à ce qu'il pense ou à ce qu'il est supposé penser.



Je ne crois pas beaucoup à cette espèce d'obsession, on entend le discours gouvernemental sur l’exemplarité. Qui est exemplaire ? Que les exemplaires jettent la première pierre. Moi je crois à l'honnêteté, essayons d'être clairs là-dessus.

Au fil de l'interview, l'ancien Premier ministre s'est sérieusement agacé des nombreuses questions qui lui étaient posées au sujet de Nicolas Sarkozy et de la présidence de l'UMP. Jusqu'à reprendre une célèbre formulation de ce dernier :

Je vais vous faire une confidence : quand je me rase tous les matins, je ne pense pas à Nicolas Sarkozy.

Et, plus tard, de couper court aux velléités de ses interlocuteurs :

Je ne répondrai plus à aucune question sur Nicolas Sarkozy.

Alain Juppé s'est par ailleurs engagé à n'exercer qu'un seul mandat présidentiel s'il était élu en 2017.

# BONUS TRACK : Toutes ces conneries me stupéfient

Alain Juppé a également profité de cette interview pour démentir l'information selon laquelle il aurait fait ouvrir en avance la librairie Mollat, à Bordeaux, le jour de la sortie du livre de Valérie Trierweiler, afin de s'en procurer un exemplaire.

Ça me stupéfie de jour en jour de voire le nombre de conneries qui circulent. Je vais vous donner un exemple.



J'ai lu dans la presse ou repris dans la presse que j'avais demandé à la librairie Mollat, qui est la grande librairie de Bordeaux, de m'ouvrir ses portes avant l'heure pour acheter l'ouvrage de madame Trierweiler. Voilà les rumeurs qui circulent... Alors voyons, moi les rumeurs, je me bouche les oreilles.



[...] Mais c'est stupide, naturellement. J'ai pas demandé qu'on l'ouvre avant, parce que je connais très bien le patron et il aurait pu m'envoyer le livre chez moi, discrètement. Et deuxièmement, je ne l'ai pas lu et je n'ai as l'intention de le lire. Je donne cet exemple pour vous inciter à être extrêmement attentif à la rumeur.

Du rab sur le Lab

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