Après le 49.3, les députés frondeurs appellent du pied François Hollande à changer de Premier ministre

Publié à 11h56, le 18 février 2015 , Modifié à 12h27, le 18 février 2015

Après le 49.3, les députés frondeurs appellent du pied François Hollande à changer de Premier ministre
De gauche à droite: Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj © XAVIER LEOTY / AFP

METHODE COUÉ - Malgré l'annonce du gouvernement de recourir à l'article 49.3 et le fait que la loi Macron sera donc -vraisemblablement- adoptée, tout ne semble pas perdu pour les députés PS frondeurs qui espèrent encore faire plier l'exécutif sur sa ligne économique. Quitte à ce que cela entraîne le départ de Manuel Valls. Le changement de Premier ministre? "C'est une option" confirme Christian Paul, invité sur LCI, mercredi 18 février. Il ajoute:

 

C’est une des options pas la seule. Je n’écarte rien. C’est au président de la République d’en décider, et surtout pas aux députés socialistes.

 

Une possibilité déjà esquissée, quelques minutes avant lui sur ITELE, par un autre frondeur, le député d'Indre-et-Loire Laurent Baumel :

-Bruce Toussaint : Disons les choses franchement, est ce qu’aujourd’hui vous demandez un changement de ligne et de Premier ministre ?



- Laurent Baumel : Je demande un changement de ligne. S’il doit passer par un changement de Premier ministre, ça ne me dérange pas.

Et pour obtenir ce "changement de casting" (Laurent Baumel), les députés frondeurs comptent bien jouer la légitimité du président de la République contre celle du Premier ministre. Lui seul est, à leurs yeux, en mesure de changer d'orientation politique... et de chef de gouvernement. Christian Paul en appelle ainsi directement à François Hollande qu'il incite à revenir aux fondamentaux de 2012, comme les frondeurs le font à chacune de leur sortie:

 

Le président de la République a été élu sur un programme. Qu’il s’en rapproche à nouveau. C’est à lui, aussi, qu’il faut en appeler pour redresser le tir. Si la politique qui est menée par le gouvernement ne marche pas et qu’elle nous divise, il est quand même grand temps de le constater.

Laurent Baumel se fait plus précis, en rappelant que le chef de l'Etat conserve toute puissance sur son numéro deux:

Manuel Valls, il y a quelqu’un au dessus. C’est le président de la République. Et le président de la République [...] conserve la possibilité, ce régime lui permet, de changer un peu les équilibres de sa politique.

 

Et, à en croire les frondeurs, l'accélérateur de ce changement pourrait bien être les élections départementales. De mauvais résultats pourraient contraindre plus tôt que prévu l'exécutif à un changement de ligne économique et de leadership selon Laurent Baumel, qui garde espoir en la capacité "d'analyse" de certaines "réalités politiques" par François Hollande.

Valls partant, qui les frondeurs voient prendre sa place à Matignon? Christian Paul souhaite quelqu'un capable de "ressouder la majorité" et "d'avantage de discours et de dialogue." Quelqu'un un peu comme Martine Aubry qui avait reconstruit le Parti Socialiste "dans une ambiance qui était très différente de celle qu’on vit aujourd’hui à l’épreuve du pouvoir avec Manuel Valls". Seul problème, le frondeur ne connaîtrait *vraiment* rien des intentions de la maire de Lille. Et puis de toute façon cela dépendrait avant tout de la volonté du chef de l'Etat de donner suite à une telle éventualité - que le député PS n'écarte pas complètement:

 

Je ne sais pas si elle le souhaite. C’est très lié aussi à la possibilité que peut donner ou non le président de la République...

 

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