Dans une nouvelle lettre aux députés, Bruno Le Roux tente une dernière fois de convaincre les "frondeurs" du PS de voter le budget de la Sécu

Publié à 07h54, le 08 juillet 2014 , Modifié à 07h54, le 08 juillet 2014

Dans une nouvelle lettre aux députés, Bruno Le Roux tente une dernière fois de convaincre les "frondeurs" du PS de voter le budget de la Sécu
Bruno Le Roux. © Maxppp.

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, table sur "une trentaine d’abstentionnistes". Du côté des "frondeurs" du PS, en off, on mise sur une petite centaine. Les tensions sont toujours aussi vives au sein de la majorité socialiste à l’Assemblée nationale alors que les députés votent, ce mardi 8 juillet, le projet de loi de finances rectificatif de la sécurité sociale. Un texte qui met en musique une partie du pacte de responsabilité voulu par François Hollande.

Dans une lettre adressée à l’ensemble des députés socialistes - et que le Lab a pu consulter -, lundi 7 juillet au soir, Bruno Le Roux tente une dernière fois de convaincre les récalcitrants de voter le texte. Car, selon lui, l’appartenance à la majorité se traduit par le vote du Budget. Ce que les frondeurs ont fait sur le budget rectificatif et qu’ils ne comptent pas faire sur celui de la Sécurité sociale, moins emblématique selon eux.

Dans sa missive, le patron des députés PS explique d’emblée que réussir "cette séquence forgera en grande partie l’appréciation que porteront les Français sur cette XIVème législature". Avant ce nouveau vote, Bruno Le Roux se réjouit des "discussions poussées entre notre groupe parlementaire et le gouvernement".

"Chacun, par son travail et ses initiatives, a œuvré à la fabrication du meilleur équilibre pour concilier nécessité de redressement économique et budgétaire avec l’impératif de justice sociale", écrit-il pour ne vexer personne, avant de lister l’ensemble des "décisions importantes qui ont été actées" depuis début avril et l’arrivée à Matignon de Manuel Valls.

Annonçant la mise en place d’une mission d’information parlementaire, à la rentrée, sur la fraude à la TVA, Bruno Le Roux répète, martèle, que "le gouvernement prouve quotidiennement que la gauche incarne le camp du mouvement et du progrès".

Quant au recul annoncé par Manuel Valls sur la pénibilité – qui braque certains syndicats en pleine conférence sociale -, Bruno Le Roux modère :

Les annonces du Premier ministre sur l’application des mesures pénibilité contenues dans la réforme des retraites portent sur une mise en application progressive et non une annulation.

Et de rappeler en conclusion de sa lettre aux députés que "l’ensemble formé par le PLFR et le PLFRSS constitue un bloc cohérent qui doit permettre à notre majorité d’amplifier l’acquis des deux premières années de la législature".

Cela sera-t-il suffisant pour ramener au bercail ces "brebis galeuses", alors que Bruno Le Roux rappelle que "le vote du budget fonde l’appartenance à une majorité" ? Les leaders de la fronde ne changeront pas d’avis. "Aucun de nos amendements n’a été pris en compte, pas plus que ceux qui allaient dans le même sens", déplore Jean-Marc Germain au Figaro qui confirme qu’il s’abstiendra.

Pouria Amirshahi se fait lui plus cash :

Je ne voterai pas le texte. C’est un passage en force que je ne cautionnerai d’aucune manière.

Du côté des proches d’Arnaud Montebourg, en revanche, la tonalité est différente. Ainsi Arnaud Leroy se fait plus prudent. "Il faut mesurer la portée de ce que l’on fait", dit-il, avant d’ajouter :

Nous n’avons jamais abdiqué en chemin et nous avons même été très loin dans la tactique pour défendre nos idées. Mais nous avons perdu. Nous ne sommes pas majoritaires.

Le vote de ce mardi, suite aux dernières tractations, révélera quelle est la réalité du rapport de force.

Du rab sur le Lab

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