Jean-Luc Mélenchon sur le Front de gauche : "on doit se demander pourquoi on fait des campagnes aussi lamentables"

Publié à 11h49, le 22 juillet 2014 , Modifié à 12h47, le 22 juillet 2014

Jean-Luc Mélenchon sur le Front de gauche : "on doit se demander pourquoi on fait des campagnes aussi lamentables"
© Maxppp

Jean-Luc Mélenchon a besoin de ne plus être en première ligne, et il l'explique ce 22 juillet au pure player Hexagones. Le leader du Front de gauche évoque un "besoin de bayer aux corneilles", de faire baisser le "niveau de pression" qui pèse sur lui depuis cinq ans mais aussi de mettre en valeur d'autres figures du Front de gauche. L'ancien candidat à la présidence de la République juge au passage très sévèrement la stratégie adoptée par certains dans son mouvement et détaille sa crainte de voir Marine Le Pen au second tour en 2017.

#DES CAMPAGNES LAMENTABLES

Interrogé sur le succès électoral du Front national - par opposition au recul du Front de gauche - Jean-Luc Mélenchon analyse la capacité de Marine Le Pen à "mieux mobiliser" des électeurs déjà acquis au moment d'aller aux urnes, alors que son mouvement n'y parvient pas. Et en vient à s'interroger sur les raisons de campagnes "aussi mauvaises" du Front de gauche :

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Elle mobilise mieux que tous les autres une fraction de la population. Par exemple aux européennes, elle a remobilisé 4 millions de ses 6 millions d’électeurs. Les listes du Front de Gauche ont remobilisé piteusement un million et demi sur les 4 millions.



On doit se demander pourquoi on fait des campagnes aussi mauvaises, aussi lamentables, aussi tardives.

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Très marqué par la division de son mouvement lors des municipales - le Parti communiste avait décidé de s'allier avec le PS dans certaines villes - Jean-Luc Mélenchon pense que tant que "des alliances seront faites avec des gens qu'on combat", le Front de gauche sera considéré comme un parti "comme les autres", ne répondant pas au "ras le bol des gens".

#MARINE LE PEN EN 2017

La présidente du Front national sera au second tour en 2017, c'est une triste certitude pour Jean-Luc Mélenchon : "Bien sûr qu'elle a une chance, elle va y arriver." Et c'est en se positionnant très à gauche sur certaines idées que la leader frontiste voudrait atteindre "le peuple" :

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Madame Le Pen récite des morceaux entiers de notre programme. Leur ligne, c'est d'occuper l'espace politique de la gauche. Quel est l'espace politique de la gauche ? C'est le peuple. Quel est le problème de la droite ? C'est le peuple. Voilà pourquoi ils ont toujours fait comme ça.

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#BAYER AUX CORNEILLES

Jean-Luc Mélenchon a besoin de s'effacer car avec autant de pression, "on finit par ne plus raisonner aussi tranquillement qu'on ne le devrait". Le leader du Front de gauche veut donc "arrêter de courir", et il le présente ainsi :

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Et là j’ai besoin de dormir, de ne rien faire, de bayer aux corneilles.

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Un repos pour mieux repartir, "travailler pour donner un contenu concret à des idées assez générales", précise l'eurodéputé qui dit également souhaiter laisser un "espace politique" à d'autres visages du Parti de gauche qui ont déjà commencé à émerger.

Il refuse cependant de parler de "mise en retrait" et évoque une "utilisation différente" de sa personne, moins accaparée à l'organisation de la vie du parti et davantage concentrée sur "le travail intellectuel".

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