L'UMP Éric Ciotti trouve "normal" qu'on auditionne au commissariat un enfant de 8 ans pour "apologie du terrorisme"

Publié à 08h47, le 29 janvier 2015 , Modifié à 10h38, le 29 janvier 2015

L'UMP Éric Ciotti trouve "normal" qu'on auditionne au commissariat un enfant de 8 ans pour "apologie du terrorisme"
Éric Ciotti © JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET AFP

Trois semaines après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de Paris, la tension est toujours vive. Mercredi 28 janvier, un enfant de 8 ans a été entendu pendant deux heures au commissariat de Nice, dans le cadre d’une audition libre pour "apologie du terrorisme".

Cette audition divise les politiques. Elle ne pose cependant pas de problème à Éric Ciotti. Interrogé sur iTÉLÉ ce jeudi 29 janvier, le député UMP des Alpes-Maritimes déclare :

Je veux soutenir avec beaucoup de force l'action du directeur de l'établissement, de l'enseignant, qui ont eu les bonnes réactions. Et d'ailleurs ils m'ont signalé, puisque le signalement à la protection de l'enfance est fait auprès des services du conseil général, que je préside. Il y a manifestement aujourd'hui un indicateur qui laisse à penser que cet enfant est en danger parce que les propos qu'il a tenus ne sont pas anodins.

Au lendemain de l'attaque terroriste contre Charlie Hebdo, l'enfant, comme ses camarades, avait été interrogé par son professeur : "Êtes-vous Charlie ?" Et il avait répondu : "Non. Parce qu’ils ont caricaturé le prophète. Moi, je suis avec les terroristes."

Le directeur de l'école avait été alerté, les parents de l'enfant avaient été convoqués, la police avait été appelée. Le ministère de l’Education confirme à Libération qu’une plainte avait été déposée contre le père de l’enfant. Et ce dernier a donc été entendu durant deux heures par la police, illustration selon son avocat de "l'hystérie collective actuelle autour de cette notion d’apologie du terrorisme".

Éric Ciotti est bien conscient que cette audition suscite la polémique. Mais il a un argument. "Il a été auditionné avec son père. C'est une nuance qu'on oublie et qui est essentielle", explique le député UMP, président de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et individus djihadistes. Il ajoute :

Bien sûr un mineur n'est pas responsable mais cela peut traduire qu'il est dans un environnement familial qui lui a fait dire ce qu'il a dit. Et donc il est normal, aujourd'hui où le risque est maximal, que l'on aille regarder ce qu'il s'est passé.

Conclusion d'Éric Ciotti : "Il faut arrêter avec le monde des Bisounours." Ce à quoi Thierry Mandon n'est pas tout à fait d'accord. Invité lui-aussi d'iTÉLÉ, le secrétaire d'État à la Simplification estime que l'on est "dans une paranoïa complète". "Monsieur Ciotti a tort de ne pas garder un certain nombre de principes de fonctionnement d’un état démocratie, qui doit être très vigilant mais qui doit garantir les droits d’un individu. Un enfant de 8 ans franchement…", commente-t-il.

Sur BFMTV, Claude Bartolone est plus nuancé. "Il faut faire attention quand un gamin de 8 ans tient ce genre de propos, qu’il y ait une forme de responsabilisation de la famille ça me semble important, oui", déclare le président de l'Assemblée nationale. 

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