Censure ou fail? Les deux versions de France 3 dans le dossier Sarkozy

Publié à 12h39, le 24 septembre 2014 , Modifié à 08h32, le 25 septembre 2014

Censure ou fail? Les deux versions de France 3 dans le dossier Sarkozy
Montage le Lab via Reuteurs Pictures (Gonzalo Fuentes) et Maxppp (Pelaez Julio)

France 3 a-t-il censuré un sujet évoquant des faits inédits dans le dossier accusant Nicolas Sarkozy de trafic d'influence? C'est en tout cas la version défendue par le Syndicat des Journalistes dans un communiqué publié le 23 septembre. Dans la soirée du 22 septembre, des journalistes de France Inter et Libération sortent des informations concernant la garde à vue de Nicolas Sarkozy le 1er juillet puis sur le rapport de synthèse des enquêteurs du dossier. (Un résumé de l'affaire que vous propose le Lab ici).

France 3 est également cité comme un média ayant eu accès à ces informations. Le sujet était censé passer au 19/20 le 22 septembre. Problème, il n’apparaîtra nulle part puisque il a été "trappé" par la rédaction en chef. Une version confirmée par Serge Cimino, journaliste à France 3:

Tout le monde était au courant de cette 'censure'. A 16h30, on a fait un visionnage. La décision a été prise de ne pas diffuser le reportage sous couvert de constater qu’il n’y avait pas de grandes nouveautés. On a été très choqué de voir que le sujet n'apparaissait pas. Comme par hasard, ça arrive le lendemain de l'interview de Nicolas Sarkozy au JT de France 2.

Dans une lettre adressée aux rédactions de France Télévisions, que s'est procurée le Lab, le rédacteur en chef, Pascal Golomer, se justifie en affirmant que le "sujet tel qu'il lui a été présenté ne révélait pas suffisamment d'informations nouvelles par rapport à ce qui avait été déjà rendu public ces derniers mois". 

Retrouvez cette lettre en intégralité ci-dessous:



Dans les pages de Libération du 24 septembre, Philippe Panis, directeur de la rédaction nationale, réagit en reprenant les mêmes arguments que Pascal Golomer avant d'admettre être passé à côté d'un "scoop", contrairement à France Inter ou Libération :

On a estimé qu'il n'y avait pas d’éléments nouveaux pour faire un autre sujet, après celui diffusé la veille [NDLR: récapitulatif des affaires autour de Nicolas Sarkozy"]. C'est un peu douloureux mais il faut dire que c'est plus simple quand on a deux pages comme Libération, plutôt que deux minutes trente.

Comme le souligne le quotidien, le sujet initialement prévu a été remplacé par "un reportage touristique au cœur du QG de campagne de Nicolas Sarkozy". 

Du rab sur le Lab

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