Nicolas Sarkozy sur le candidat UMP du Doubs: "c'est le triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin qui a choisi ce con"

Publié à 07h54, le 04 février 2015 , Modifié à 16h48, le 04 février 2015

Nicolas Sarkozy sur le candidat UMP du Doubs: "c'est le triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin qui a choisi ce con"
Charles Demouge et Nicolas Sarkozy © images AFP

BOUC ÉMISSAIRE - Depuis son élimination au premier tour de la législative partielle du Doubs, le candidat UMP Charles Demouge s'en prend plein la figure. Après Christian Estrosi qui a estimé qu'il n'avait pas été "à la hauteur", après le député UMP Jean-François Mancel qui a affirmé qu'il était "médiocre", c'est au tour de Nicolas Sarkozy de se lâcher sur le candidat défait ... et sur ceux qui l'ont choisi.

Selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné ce 4 février, le président de l'UMP a immédiatement compris que la responsabilité de cette défaite allait lui incomber. Il a alors rappelé que "ce con" (Charles Demouge, ndlr) avait été désigné par l'ancienne équipe dirigeante de l'UMP, à savoir le triumvirat provisoire Juppé-Raffarin-Fillon :

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Ce n'est même pas moi qui l'ai désigné ! C'est ce fameux triumvirat, les Juppé, Fillon et Raffarin, qui a choisi ce con. Et ça va me retomber dessus car la presse me hait.



On va dire que depuis 2012, l'UMP avait gagné 12 législatives partielles sur 12 et qu'il a suffit que je prenne le parti pour que le candidat UMP soit éliminé au premier tour. Mais moi, je n'y suis pour rien.

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Entre juin et novembre 2014, le bureau politique de l'UMP est dirigé par ce triumvirat d'anciens Premiers ministres et par le secrétaire général Luc Chatel. C'est sous leur direction qu'est reconduite la candidature de Charles Demouge pour 2015. Reconduite seulement car ce dernier était déjà candidat en juin 2012 lorsque Jean-François Copé était secrétaire général de l'UMP et Jean-Claude Gaudin président de la commission nationale d'investiture. Son score avait alors été de 23% au premier tour et de 26%, devant le FN, au second tour. Il n'était en revanche pas candidat les années précédentes.

Le nouveau président de la commission d'investiture, Christian Estrosi, ne s'est pas privé de critiquer le choix de ses prédécesseurs dans le JDD :

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Nous avons eu un candidat dans le Doubs qui a commis un certain nombre d’erreurs dans cette campagne. (...) Je n‘étais pas président de la CNI lorsque notre candidat a été choisi, mais Charles Demouge n’était pas à la hauteur de l’enjeu. Cette candidature n’était ni palpitante, ni la plus performante.

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Et d'évoquer d'autres personnalités possibles comme la nouvelle maire de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet qui "aurait pu être une très bonne candidate".

Selon l'édition de Paris-Match du 5 février, Luc Chatel a en tout cas admis ne pas avoir misé sur le meilleur cheval : "On n'a pas investi le meilleur...".

[Bonus Track] Hollande super content

Cette élimination de l'UMP au premier tour passe donc *assez mal* chez Nicolas Sarkozy. Du côté de François Hollande, en revanche, c'est une franche satisfaction. Également cité par Le Canard Enchaîné, le chef de l'État s'est félicité, dimanche dernier, de ce résultat "inespéré" :

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Le résultat de l'élection partielle du Doubs est inespéré : il redonne des couleurs au PS, il coince les frondeurs et il pose beaucoup de problèmes internes à l'UMP

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Sans oublier pour autant le second tour FN-PS qui aura lieu ce dimanche : "Ce n'est pas gagné pour autant, le second tour risque d'être serré", a expliqué François Hollande selon l'hebdomadaire.

[Edit 16h46] - Ajout de la confidence de Luc Chatel dans Paris-Match

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