Claude Bartolone condamne les propos du maire divers-droite qui avait évoqué les "règles douloureuses" d'une députée PS

Publié à 18h24, le 09 mars 2015 , Modifié à 07h19, le 10 mars 2015

Claude Bartolone condamne les propos du maire divers-droite qui avait évoqué les "règles douloureuses" d'une députée PS
Le maire de Ganzeville s'est *un peu* lâché lors de son discours de voeux. © CHARLY TRIBALLEAU / REMY GABALDA / AFP

Jusqu'il y a peu, Jean-Marie Crochemore était un élu relativement anonyme, surtout connu pour son opposition acharnée à la réforme des rythmes scolaires. Mais depuis dimanche et un post sur le blog du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, à l'occasion de la journée de la femme, l'élu divers-droite de la petite ville de Ganzeville, en Seine-Maritime, se retrouve taxé de "la vulgarité, la bêtise et du machisme le plus lâche" par le titulaire du perchoir himself

En cause, le discours de voeux pour l'année 2015 prononcé par l'élu le 15 janvier dernier. Devant ses administrés, Jean-Marie Crochemore a multiplié les blagues graveleuses, visant tout particulièrement la députée PS de sa circonscription Estelle Grelier, la directrice de l’école de  Ganzeville  et une inspectrice de l’Education nationale. Des propos qui lui valent aujourd'hui d'être poursuivi par l'une des deux fonctionnaires moquée publiquement , et peut-être bientôt par la députée socialiste qui, "très choquée", a longtemps hésité avant de donner un écho médiatique à l'affaire.

Devant ses électeurs, le maire s’était livré à un bilan de l’année 2014. Au moment d’aborder l’application de la réforme des rythmes scolaires, l’élu avait alors entamé une longue succession de plaisanteries vaseuses. Premier extrait :

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A partir du 2 septembre, feuilleton rentrée scolaire que vous avez pu suivre à la radio et à la télé. Juste une photo ou vous pouvez distinguer la directrice d’école en train d’aboyer avec à ses côtés, style "poupée barbie", l’inspectrice de l’Education nationale et en retrait 2 voitures de gendarmeries prêtes à intervenir. Rassurez-vous, tout s’est bien passé !

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Puis, le maire s’en était pris directement à la députée PS Estelle Grelier, présente dans la salle, lui reprochant, notamment, des propos tenus à la presse locale critiquant sa position sur les rythmes scolaires.  "Commentaire acide, au point que certains de mes amis m’ont envoyé un SMS pour savoir ce que je lui avais fait de mal", précisait-il. C’est donc tout naturellement que l’élu avait voulu faire part de son étonnement, et de la raison qui, selon lui, avait pu sous-tendre cette prise de position :

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Moi qui ai rêvé de partir en vacances avec elle, qui ne l’ai presque jamais contredite, qui lui ai toujours fait de des compliments sur ses tenues vestimentaires, je me suis dit : Ah ! Changement de de saison, surmenage, règles douloureuses, contrariétés dues aux élucubrations de son Président "Caramel mou" [François Hollande, ndlr]  qui, il est vrai, en 2014 les a collectionnées.

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Avant de s’adresser directement à la députée :

 

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Mais sachant que, médicalement tu es bien entourée [le conjoint d’Estelle Grelier est médecin, ndlr], j’ai constaté quelques jours plus tard que tu avais retrouvé ton sourire et ton tonus verbal envers moi !

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Voir le discours du maire:

  J-M. C Voeux 2015



Jointe par le Lab, Estelle Grelier se dit toujours "très marquée" par les propos du maire de Ganzeville. "Ça fait quinze ans que je fais de la politique, mais là c’est vraiment raide. J’ai beaucoup de mal à prendre ces propos avec légèreté. On ne peut pas tout dire au seul motif de l’humour."

En plus du soutien de Claude Bartolone, qui a dénoncé "une scène de sexisme ordinaire en politique", la députée a reçu le soutien de l’association des élus contre les violences faites aux femmes. Dans un communiqué, l’organisation demande des sanctions ainsi que l’inscription dans le Code pénal d’une peine d'inéligibilité pour tous les élus condamnés à titre définitif pour sexisme. 

Selon l’association, Jean-Marie Crochemore aurait invoqué son droit à l’humour avant d’en rajouter une couche en estimant que "ces gens là n’ont vraiment pas d’humour. C’est une corporation à part et ils auraient sans doute mieux à faire que de s’occuper de cela".

Du rab sur le Lab

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