Quand des voix de la majorité commencent à critiquer la "révélation" de l'année Emmanuel Macron

Publié à 17h29, le 04 février 2015 , Modifié à 17h53, le 04 février 2015

Quand des voix de la majorité commencent à critiquer la "révélation" de l'année Emmanuel Macron
© Alain Jocard - AFP

CHOUCHOU - Le jury des journalistes politiques du Trombinoscope, qui a beaucoup fait parler de lui (mais pour un autre prix, celui remis à un élu FN) lui a décerné le 27 janvier dernier le prix de "Révélation politique de  l'année". Récompense qui a dû flatter sans doute, le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, encore inconnu du grand public avant sa nomination au gouvernement à la fin de l'été. Un jeune ministre, qui grâce à sa loi en discussion dans l'hémicycle cette semaine et pour encore quelques jours se retrouve propulsé dans le peloton de tête des politiques préférés des Français. Selon un sondage Odoxa, 53% des Français ont une bonne opinion d’Emmanuel Macron.

En dépit de quelques "bourdes", le ministre a su amadouer des parlementaires un peu dubitatifs grâce à sa "méthode Macron". Et puis, surtout, il a les faveurs de François Hollande. Son ancien conseiller à l'Elysée semble paré de toutes les qualités. "Compétent, bien sûr, mais gentil, joyeux, pas arrogant, et il s'entend bien avec Michel Sapin", disait François Hollande à son sujet au mois de novembre. Dans un portrait consacré au ministre le 27 janvier dernier, d'autres compliments étaient rapportés. "Jeunesse", "fraîcheur", "culot" : tels sont les mots du président de la République à l'évocation de Macron. Mais ce n'est pas fini.

Il poursuit :

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Emmanuel Macron est un fidèle, un loyal et un homme sincère. Je sais qu'il se dévouera, qu'il travaillera pour faire réussir son pays. J'ai de l'affection pour lui, car il est généreux.

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Un élu qui connait bien les deux hommes et apprécie Macron, insiste sur ce lien quasi-filial :

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 Entre Emmanuel Macron et François Hollande, c'est une belle relation humaine. Hollande a une vraie attention à lui.

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Sans doute un peu trop, car certains au gouvernement s'agacent de cette affection affichée. Sous couvert d'anonymat, un membre du gouvernement ironise : 

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Il est sympa. Il a quelques ficelles... Nous aussi on reçoit des menaces de mort tous les jours, mais bon si ça marche...

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La ficelle en question : l'allusion, en plein débat parlementaire, aux menaces reçues par le ministre... au moment de faire passer un recul sur l'une des mesures fortes de son texte : le corridor tarifaire pour certaines professions judiciaires.

Mais ce n'est pas tout, on le trouve bien aidé aussi le ministre : 

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Il a l'air bien aidé par le Premier ministre. Il a des moyens importants en com'. Il n'a pas qu'une attachée de presse.

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Bref, "il  ne connaît pas la vie." Preuve ultime de cet agacement naissant, selon la même source, peu de ministres ont siégé aux côtés d'Emmanuel Macron lors de l'examen de sa loi...  

Du rab sur le Lab

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