Ségolène Royal dégomme Arnaud Montebourg et Michel Sapin

Publié à 10h50, le 14 mai 2014 , Modifié à 13h31, le 14 mai 2014

Ségolène Royal dégomme Arnaud Montebourg et Michel Sapin
© Maxppp

RÈGLEMENTS DE COMPTE - Elle a été annoncée dans le gouvernement Valls le 2 avril, ce que certains de ses nouveaux collègues ne digèrent toujours pas. Dans un article à paraitre le 15 mai dans Paris Match, Ségolène Royal se plaint du "procès en incompétence" qui lui serait fait au sein même du gouvernement par certains ministres. Elle dégomme au passage Michel Sapin et Arnaud Montebourg.

Celle qui est désormais chargée de l'écologie évoque des "boules puantes", la "condescendance" et le "mépris" de certains, qu'elle ne nomme pas. Elle l'explique par le profil d'une classe politique "majoritairement composée de machos sûrs de leur bon droit". Bien loin de les écouter, elle estime être "peut-être la plus compétente" :

Je fais mon travail. Le reste, je m'en fiche. Je n'ai pas de temps à perdre. Je suis à ce poste parce que je suis compétente. Peut-être même la plus compétente.

Ségolène Royal n'hésite pas non plus à donner son opinion sur le dossier Alstom, géré par le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg. Et s'oppose franchement à son collègue, estimant que l'offre de General Electric est "une très bonne opportunité". Elle estime même que le ministre fait "fuir systématiquement les investissements étrangers" :

C’est le meilleur projet industriel. Pourquoi ne pas le dire? Et pourquoi vouloir systématiquement faire fuir les investissements étrangers ? Nous en avons bien besoin, pourtant.

Début mai, Arnaud Montebourg - au nom du gouvernement - a jugé insuffisante l'offre de reprise "pure et simple" de General Electric sur le pôle énergie d'Alstom et a demandé son amélioration.

Autre cible, Michel Sapinet l'écotaxe. Celle qui veut abandonner la taxe poids lourd pour trouver un autre moyen de financer les infrastructures, reproche au ministre des Finances de prendre parti pour son maintien, certes aménagé. Soit la position de la mission parlementaire qui doit rendre ses conclusions sur le sujet ce mercredi. Pas un hasard pour Ségolène Royal qui résume cela à du copinage :

Michel Sapin a une position institutionnelle qui colle, comme par hasard, à celle de la commission parlementaire présidée par le député Jean-Paul Chanteguet, dont il est le suppléant.

Dans Paris Match, la ministre assure enfin que personne ne parviendra à la "museler" :

Oui, je parle. C'est ma liberté et je la garderai quoi qu'il arrive. Et si j'ai envie de dire autre chose que ce qui est convenu, je le dirai.

[Edit 13h15] En sortie de conseil des ministres, Ségolène Royal a assuré que TOUT ALLAIT TRES BIEN avec ses deux collègues, jouant sur le fait qu'elle n'avait pas donné "une interview en tant que telle" à la journaliste de Paris Match et assurant qu'il ne s'agissait que "d'insinuations" de presse :

J’ai pas donné d’interview en tant que telle. Il y a des discussions entre ministres, des discussions franches. (...) Contrairement aux insinuations que tel ou tel article de presse voudrait avancer, je voudrais vous dire que nous sommes très solidaires. (...)
Je ne me laisse pas déstabiliser par des petites phrases dans la presse (les siennes, ndlr) – bon, qui sont toujours amusantes pour certains journalistes (rires). Je ne veux pas laisser dégrader ni mon travail ministériel, ni le sérieux de ce gouvernement. En plus ce sont deux amis, Arnaud et Michel, avec qui je travaille très très bien.

L'article de Paris Match en question livre de nombreuses réflexions de Ségolène Royal après une rencontre avec la journaliste. Sans les démentir, la ministre estime qu'il s'agit de propos "sortis de leur contexte" ou même de choses dites "sur le ton de la plaisanterie", notamment sur le cas de Michel Sapin :

Je ne me souviens pas avoir dit des choses comme cela, si ce n’est sur le ton de la plaisanterie.
Il faut laisser chaque niveau d’intervention à sa place.

Et souvenez-vous, ce n'est pas la première fois que Ségolène Royal fait ce type de rétropédalage après un article "confidences".

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