Affaire du "mur des cons" du syndicat de la magistrature: l'UMP somme François Hollande d'agir

Publié à 12h47, le 24 avril 2013 , Modifié à 21h39, le 24 avril 2013

Affaire du "mur des cons" du syndicat de la magistrature: l'UMP somme François Hollande d'agir
Capture d'écran de la vidéo publiée par Atlantico, tournée dans les locaux du syndicat de la magistrature

ARTICLE 64 - Christian Jacob, le patron des députés UMP, adresse, ce mercredi 24 avril, une missive au chef de l'Etat, dans lequel il le somme de prendre des "décisions" ou des "instructions" pour que le Conseil supérieur de la magistrature soit saisi "dans les plus brefs délais" de l'affaire du "mur des cons".

Christian Jacob y écrit:

Cette pratique [...] constitue à nos yeux une injure publique, une menace et vraisemblablement une violation du servment des magistrats.
Elle est un manquement grave au principe d'impartialité de la justice.

>> Mise à jour, 21h : Christian Jacob mandate son avocat pour saisir la justice. 

Par un courrier adressé à son avocat, le patron des députés UMP lui "donne mission de déposer toute plainte que ces faits justifient et de saisir en toute autorité du comportement ainsi révéléré d'un certain nombre de magistrats." 

 

Le site Atlantico a publié, mardi 23 avril, une vidéo tournée dans les locaux de ce syndicat, classé à gauche, dans lequel plusieurs personnalités de droite se voient "épinglées".

Le site écrit ainsi:

Sur ce mur, [figurent] des dizaines de photos de personnalités pour la quasi-totalité classées à droite de l'échiquier politique. Nicolas Sarkozy, au premier chef, mais aussi, Eric Woerth, Edouard Balladur, Nadine Morano, François Baroin, Luc Chatel, Michèle Alliot-Marie, Luc Ferry, Eric Besson, Christian Jacob, ou encore Patrick Balkany y figurent en bonne place.

Certains sont marqués d'un signe supplémentaire "d'infamie" : un autocollant du Front National. Le portrait de l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est souligné d'une mention particulièrement injurieuse : "L'homme de Vichy".

Interrogé par Reuters, le syndicat de la magistrature a reconnu l'existence de ce mur, tout en soulignant qu'il s'agit "d'un mur de notre local syndical privé", et voyant, dans l'article d'Atlantico un "travail de décrédibilisation".

Sophie Combes, la secrétaire nationale du syndicat, explique encore:

Ce que nous regrettons profondément, c'est qu'il y ait un amalgame entre cet affichage, qui n'est rien d'autre qu'un mouvement d'humeur à un moment donné, et les combats que nous menons.

À un moment où le gouvernement de gauche est en difficulté, il n'est pas étonnant qu'un site de droite s'attaque à un syndicat de gauche.

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