Alain Juppé agite la menace d’une candidature de François Bayrou en cas de victoire de François Fillon à la primaire

Publié à 07h27, le 23 novembre 2016 , Modifié à 07h27, le 23 novembre 2016

Alain Juppé agite la menace d’une candidature de François Bayrou en cas de victoire de François Fillon à la primaire
Alain Juppé et François Bayrou © Montage le Lab via AFP.

Et si François Bayrou, qui a pu apparaître face à la violence des attaques répétées du camp Sarkozy comme un boulet pour Alain Juppé, devenait un argument à son avantage contre François Fillon ? Un argument mis en avant même par le maire de Bordeaux.

Car le président du Modem, face "au tandem" reconstitué entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, dixit Alain Juppé, n’exclut pas de se présenter à la présidentielle en cas de non-victoire de son champion d’Alain Juppé. Ce qui voudrait dire une droite et un centre éparpillés au premier tour de cette même présidentielle et le risque de ne pas l’emporter. C’est cet argument que met en avant ce mercredi 23 novembre l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dans une interview à 20 Minutes.

Si on fait les sous-titres d'Alain Juppé, qui a 16 points à rattraper face à François Fillon, on peut dire qu'il fait un peu du chantage à la droite en mode "votez pour moi ou la droite perdra en 2017 puisque François Bayrou sera candidat"

J’appelle à voter les électeurs de droite et du centre qui soutiennent mon projet. Je suis le meilleur candidat pour battre le Front national et les socialistes. Est-ce que la droite peut gagner sans le centre ? La réponse est non. Un autre candidat ferait émerger plusieurs candidatures centristes, et cela nous mènerait à la défaite.

Puisque François Fillon a été soutenu par Nicolas Sarkozy et ses soutiens, Alain Juppé met son rival dans la même panier (en osier) droitier que l’ancien Président. Et joue sur cette corde-là dans sa stratégie d’attaque contre François Fillon, à qui il a reproché d'être soutenu par une partie de l'extrême droite. Parallèlement, la vice-présidente du Modem a laissé la porte ouverte à une candidature du centriste en cas de victoire de François Fillon. François Bayrou lui-même a expliqué avoir "l’intention de faire mûrir un projet plus dynamisant pour le pays, plus juste et plus social que celui qui est proposé aujourd’hui".

Mais bizarrement, Alain Juppé ne tenait pas du tout le même discours en septembre, quand le camp Sarkozy pilonnait son supposé "pacte" avec le maire de Pau. A l’époque, Alain Juppé "condamnait" la menace de François Bayrou de se présenter si Nicolas Sarkozy gagnait la primaire. Mais ça, c'était avant. Avant le raz-de-marée filloniste du premier tour de la primaire.

Aujourd’hui, loin d’être favori du second tour, le maire de Bordeaux agite donc cette menace d’une candidature Bayrou. Les temps changent. Les favoris et les stratégies aussi.

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