Alliances avec le FN aux municipales : François Fillon persiste à appeler à "voter pour le moins sectaire", le PS hurle

Publié à 20h33, le 13 septembre 2013 , Modifié à 21h00, le 13 septembre 2013

Alliances avec le FN aux municipales : François Fillon persiste à appeler à "voter pour le moins sectaire", le PS hurle
François Fillon et Harlem Désir (MaxPPP)

Invité depuis dimanche à sous-titrer ses déclarations conseillant "de voter pour le moins sectaire" en cas de duel PS/FN aux municipales, François Fillon a développé sa pensée ce vendredi 13 septembre. Entrainant immédiatement un communiqué outré du Parti Socialiste. 

Une soirée politique en trois actes : 

Acte I : la dépêche avec des déclarations chocs

Selon des propos rapportés par des participants et cités par l'AFP lors d'une table ronde avec des acteurs économiques à Menton (Alpes-Maritimes), l'ancien Premier ministre déclare: 

Je ne veux plus entendre parler de guerre de partis, de"ni-ni" [ni FN ni PS, ce qui est la ligne officielle de l'UMP, ndlr], "de front républicain" [choix du candidat non-FN, ce qui a longtemps été la ligne des partis de gouvernement]. [...]

Les municipales sont des élections très particulières où le choix de personnes prime sur le choix idéologique. Le sectarisme n'est pas compatible avec la gestion municipale.

Acte II : le communiqué outré de Désir

"Ces propos répétés et assumés sont d'une gravité extrême. Nous demandons solennellement aux républicains de sa famille politique de les condamner", dénonce Harlem Désir dans un communiqué appelant François Fillon à renoncer "à une ligne politique inacceptable" :

François Fillon persiste à vouloir légitimer des appels à voter pour le FN au cas par cas aux élections municipales [...] Avec sa nouvelle déclaration, [il] vient en réalité de faire le discours d'ouverture des universités d'été du Front national!

François Fillon "franchit, pour des raisons de pur calcul politicien, un nouveau seuil, inacceptable, dans le rapprochement entre l'UMP et le FN", poursuit Harlem Désir. 

Acte III : le discours où il souffle le chaud et le froid

Quelques minutes plus tard, lors d'un meeting à Nice, François Fillon commence par condamner sans détour le FN : 

Je n'ai pas changé et ne changerai jamais d'avis : le programme du Front National est économiquement absurde et politique dangereux.  

Aucune alliance n'est possible avec cette formation politique, mais je le dis, tous les dialogues sont nécessaires avec ses électeurs.

Puis, l'ancien numéro 2 de l'exécutif sarkozyste en réfère au gaullisme pour renvoyer le PS et le FN dos à dos et répéter les mots qui ont fait bondir la majorité et douter certains de ses partisans : 

En 1940, le général de Gaulle ne demandait ni le CV, ni la couleur politique des volontaires qui s’engageaient pour la France.

Eh bien, aujourd’hui, le redressement commande de dépasser les clivages partisans,  il commande d’en appeler au bon sens de chaque citoyen, et, pour ce faire, je m’élève contre ce sectarisme qui conduit à fractionner la France entre bons et méchants [...].

Aux élections municipales, plus que dans toute autre élection, j’affirme que les électeurs sont bien placés pour juger, évaluer, choisir le plus compétent des candidats, et repousser par eux-mêmes et en conscience ceux qui sont sectaires, incapables d’agir pour leur ville ou leur village avec tolérance et pour le bien public.

J’ai cru comprendre que le Front National se sentait visé. On ne peut rien lui cacher !

Mais j’ai aussi entendu certains dans la majorité se sentir concernés…Eh bien oui, le combat contre le sectarisme passe aussi par le parti socialiste qui, notamment, doit s’interroger sur ses relations avec l’extrême gauche avant de donner des leçons aux autres.

Un passage à lire en intégralité ci-dessous :

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