Arnaud Montebourg propose de virer François Hollande du PS s’il saute la case primaire

Publié à 16h06, le 01 décembre 2016 , Modifié à 16h09, le 01 décembre 2016

Arnaud Montebourg propose de virer François Hollande du PS s’il saute la case primaire
Arnaud Montebourg mi-taquin, mi-menaçant envers François Hollande. © Montage via AFP

Qui imagine un ancien Premier secrétaire du PS devenu Président viré de son parti ? Ceci n’est pas une question rhétorique puisque l’hypothèse est envisagée par Arnaud Montebourg. Ce mercredi 1er décembre, à l’occasion du lancement de sa campagne sur une péniche parisienne, l’ancien ministre du Redressement productif ne plaisante qu’à moitié lorsqu’il propose l’"exclusion du Parti socialiste" de François Hollande, dans le cas où le chef de l’État déciderait de sauter la case primaire. Dans une vidéo postée par Le HuffPost, il dit, hésitant entre plaisanterie et désolation :

J’ai cru comprendre que la primaire aurait lieu. Et que si un candidat socialiste se présentait en dehors de la primaire, le sort que réserverait le Parti socialiste à une telle candidature serait l'exclusion. C'est la règle de la primaire [rires et applaudissements].



Plus sérieusement, [...] si François Hollande décidait d’outrepasser la primaire, de se présenter au suffrage universel des Français contre la primaire, ce serait la fin, la destruction finale du Parti socialiste et du parti de Jean Jaurès. C’est donc pour moi impensable que l’actuel président de la République refuse une primaire dans laquelle il a toujours dit qu’il serait candidat puisqu’il y aura plusieurs candidats Parti socialiste : celui issu de la primaire et un candidat exclu du Parti socialiste qui ne pourra pas se prévaloir du Parti socialiste qui serait l’actuel président de la République.

Le scénario aurait un savoureux goût de revanche pour celui qui a été viré du gouvernement en 2014 après avoir adressé une "cuvée du redressement" au président de la République depuis son fief de Frangy-en-Bresse.

Mais cela n’arrivera pas. Tout simplement parce que François Hollande n’est plus membre du Parti socialiste. Europe 1 révélait en 2015 que le Président n’avait pas renouvelé sa cotisation. "Il est aujourd’hui le Président de tous les Français", justifiait alors son entourage.

Vu comme ça, les possibilités sont donc multiples pour François Hollande : se présenter à la primaire et bénéficier du soutien du PS en cas de victoire, sauter la case primaire sans se faire virer du parti. Ou renoncer à briguer un second mandat et envoyer Manuel Valls à sa place.

Mardi, Arnaud Montebourg a dénoncé sur BFMTV "une tentative claire des proches du chef de l'Etat pour supprimer" la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier, alors que plusieurs proches de François Hollande ont remis en cause l'utilité de la primaire et l'intérêt pour le président d'y participer. L'ancien pensionnaire de Bercy souhaite, lui, "rassembler les gauches" face au "scénario noir de l'élimination programmée". Concrètement, que le vainqueur de la primaire se tourne vers les autres candidats de gauche à la présidentielle : Yannick Jadot (EELV), Sylvia Pinel (PRG) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

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