Catégorique, Marine Le Pen affirme que la population immigrée en France "ne travaille pas"

Publié à 13h46, le 08 décembre 2016 , Modifié à 13h46, le 08 décembre 2016

Catégorique, Marine Le Pen affirme que la population immigrée en France "ne travaille pas"
Marine Le Pen © AFP

RETOUR AUX FONDAMENTAUX – Marine Le Pen tient à faire passer un message ce jeudi 8 décembre. Invitée de l'institut de sondage BVA pour un de ses petits-déjeuners "Pop 2017", la président du FN s'échine à montrer u'elle n'est pas une gauchiste comme certains de ses adversaires veulent parfois la dépeindre. Preuve en sont ses positions pour le moins claires et radicales concernant l'immigration en France.

Marine Le Pen est notamment interrogée sur l'apport économique que peut représenter la population immigrée en France, notamment via les cotisations que paient les immigrés travaillant en France. Le présidente du FN répond, comme le rapporte l'AFP :

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Mais elle [la population immigrée] ne travaille pas. Elle ne travaille pas. Il y a 7 sept millions de chômeurs dans notre pays. D'où elle travaille ? Elle ne travaille pas. Il faut arrêter avec ça.

 

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Selon un rapport de L'OCDE datant de 2015, 57 % des immigrés d'âge actif occupent un emploi contre 65 % des natifs français. Un chiffre qui place la France parmi les mauvais élèves de l'Europe mais qui contredit la déclaration de Marine Le Pen.


Mais la président du FN ne se limite pas à cette intox. Lors du petit-déjeuner "Pop 2017", la candidate à l'élection présidentielle répète une nouvelle fois l'une de ses contre-vérités préférées. Ciblant toujours les immigrés, elle ajoute :

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Sans compter les dispositifs qui permettent à des gens de toucher des minimums vieillesse avec le seul critère d'arriver en France, d'avoir 65 ans, sans avoir jamais ni travaillé ni cotisé en France, et on arrive à délivrer, je sais plus, 750 euros par personne, 1.500 euros pour un couple [alors que] en bas de chez vous il y a des agriculteurs qui vivent avec 300 euros ou 400 euros par mois de retraite.

 

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L'idée avait déjà été diffusée au moyen d'une grosse campagne de communication du FN, en novembre, dont le mot d'ordre était de montrer – intox à l'appui – combien les migrants sont soi-disant mieux traités par l'État français que les citoyens locaux. Elle avait été répétée notamment lors du déplacement de Marine Le Pen à la Réunion, fin novembre.

Sauf que cette idée, donc, est en partie fausse.

Explication : toute personne de nationalité française peut toucher, dès l'âge de 65 ans, l’Allocation de solidarité aux personnes âgées, d'un montant de 801 euros par mois pour une personne seule sans revenus. Comme l'avaient noté Les Décodeurs du Monde en novembre, si des agriculteurs perçoivent une pension retraite inférieure à 800 euros par mois, ils peuvent tout à fait demander un complément de l'Aspa.

Concernant l'attribution de cette allocation, Marine Le Pen fait un énorme raccourci en affirmant qu'il faut pour seuls critères pour la percevoir "arriver en France" et "avoir 65 ans". Les conditions sont un tout petit peu plus drastiques. Certes, pour les ressortissants d'un État membre de l'Espace économique européen ou de la Suisse, l'Aspa peut être reçue dès l'âge de 65 ans.

Pour les autres, en revanche, c'est un tout petit peu plus compliqué. Il faut soit détenir depuis au moins 10 ans un titre de séjour autorisant à travailler, soit être réfugié, apatride, bénéficier de la protection subsidiaire – accordée aux personnes menacées de mort ou de torture dans leur pays mais ne remplissant pas les conditions pour être réfugiés -  ou avoir combattu pour la France

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