Ces élus FN qui défendent les identitaires condamnés après avoir manifesté à Calais

Publié à 11h52, le 15 mars 2016 , Modifié à 18h45, le 15 mars 2016

Ces élus FN qui défendent les identitaires condamnés après avoir manifesté à Calais
© Capture d'écran Twitter

Les temps ont définitivement changé. Il fut un temps où les identitaires étaient chassés du Front national. Et puis, allez savoir pourquoi, les bannis d'hier sont revenus. Discrètement d'abord, là sur une liste pour les régionales, là en tant que chargé de communication d'une mairie frontiste. Aujourd'hui, le soutien ne se cache plus. Et quand trois membres de Génération identitaire sont condamnés à trois mois de prison ferme pour "rebellion" après avoir bloqué au moins deux ponts samedi 12 mars à Calais, les élus montent au front et défendent leurs anciens indésirables.

Depuis lundi, plusieurs sommités frontistes font entendre leurs voix pour dénoncer cette condamnation. Stéphane Ravier, par exemple, sénateur FN et maire du 7e secteur de Marseille, estime tout simplement qu'"il vaut visiblement mieux être clandestin que militant à Génération identitaire". Le tout accompagné d'une vidéo où l'on voit les policiers interpeller sans ménagement les militants. Un message relayé notamment par Marion Maréchal-Le Pen

Mais l'élu marseillais n'est pas le seul. Sophie Montel, eurodéputée FN et présidente du collectif frontiste pour la protection animale, y est elle-aussi allée de son message sur Twitter pour défendre les identitaires. La conseillère régionale FN de Bourgogne-Franche-Comté reprend à son compte les éléments de défense des accusés, expliquant qu'il s'agissait d'une "manifestation pacifique". Elle affirme en outre que des actes de trafics et de violences dans la jungle de Calais restent impunis.

Exactement le même angle d'attaque que celui choisi par Jordan Bardella, conseiller régional FN d'Île-de-France et secrétaire départemental du parti en Seine-Saint-Denis. Celui-ci apporte tout de même une nuance en ne parlant pas d'impunité dans la jungle de Calais mais dans les cités…

Louis Aliot aussi, du moins indirectement, a apporté son soutien aux identitaires. Le n°2 du FN a relayé un message d'un militant :

Nicolas Bay, secrétaire général du FN, a lui aussi dénoncé "la sévérité envers des jeunes patriotes révoltés" qui, selon lui, "contraste sévèrement avec l'impunité des migrants et casseurs No Borders" :

Gilbert Collard, bien que non membre du FN, a pour sa part estimé qu'il valait mieux être "no-borders" que membre du groupuscule d'extrême droite.  

Ces élus FN, d'ordinaire si prompts à dénoncer le supposé laxisme et la lenteur de la justice, sont donc bien décidés à vilipender cette fois un certain autoritarisme.

Samedi, 80 manifestants de Génération identitaire ont manifesté, sans autorisation, à Calais, bloquant au moins deux ponts et enflammant des pneus. Deux des trois condamnés ont expliqué être venus séparément pour "visiter Calais" et seraient "tombés par hasard sur la manifestation".

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