Claude Bartolone "stupéfait" des confidences de François Hollande : "Un président ne doit pas autant se confesser"

Publié à 08h20, le 14 octobre 2016 , Modifié à 08h20, le 14 octobre 2016

Claude Bartolone "stupéfait" des confidences de François Hollande : "Un président ne doit pas autant se confesser"
© THOMAS SAMSON / AFP

Sa parole médiatique est rare, surtout depuis qu’il a perdu les élections régionales face à Valérie Pécresse (LR) en décembre dernier. Alors, quand Claude Bartolone prend la parole, c’est qu’il a un message à faire passer.

Ce vendredi 14 octobre, le Président (PS) de l’Assemblée nationale accorde une interview à La Provence. Deux jours après la parution d’un énième livre de confidences de François Hollande, Claude Bartolone fait part de sa "stupéfaction" :

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Un président doit entretenir le feu sacré de la République. Un Président ne doit pas autant se confesser. Le devoir de silence fait partie de sa fonction. Il doit être à tout moment le garant de nos institutions. Nous l’avons bien vu tout au long des tragiques événements que nous avons connus. De plus, il y a la concomitance avec l’interview de l’Obs qui aurait pu mobiliser. Vraiment, les stratèges de la communication présidentielle ont fait très fort… [...] Je me pose des questions sur sa volonté. Une hésitation transparaît. Je lui ai fait part de ma stupéfaction. Il y a un grand besoin d’explication pour comprendre s’il veut vraiment être candidat.

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Dans Un Président ne devrait pas dire ça… de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le chef de l’État se confie sur Nicolas Sarkozy, l’immigration, l’islam et n’épargne ni les footballeurs, ni les magistrats. Des prises de position qui ont choqué les syndicats, l’opposition et même jusqu’au dernier carré des fidèles du Président.

Claude Bartolone se pose de sérieuses questions sur la "volonté" de François Hollande : s’agit-il là d’un suicide politique ? Le Président de l’Assemblée nationale prend ses distances avec le Président qui affirme "comprendre les doutes de nos députés" :

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Le rassemblement, je ne pense qu’à cela. Mais on n’a pas trouvé de règle de vie commune dans ce quinquennat. Nous sommes sans cesse dans le temps du débat. Je comprends les doutes de nos députés. Ils sont en contact avec les citoyens. Et c’est vrai que le mardi, jour où ils reviennent à l’Assemblée, c’est toujours sportif. Ils sont porteurs d’angoisses, de colères. Mais ils n’ont jamais baissé les bras. Certains points ont été pris en compte. Sur d’autres, le débat n’est pas allé assez loin. Cela a conduit à l’utilisation du 49-3. Mais il n’est pas trop tard pour se rassembler. Car le temps électoral permet aussi de voir ce que proposent les autres. On est dans la bataille des 'Monsieur moins' chez Les Républicains. Moins de fonctionnaires, moins de services publics…

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Pas sûr cependant que François Hollande l’écoute sur la nécessité de "rassemblement". Après la défaite de Claude Bartolone en Île-de-France, il lui avait reproché d’avoir "mis Pierre Laurent [PCF] et Emmanuelle Cosse [ex-EELV] sur les tracts et les bulletins" et d’avoir mené une campagne "trop à gauche".

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