Contrairement à ce qu’assure Nicolas Bay, le FN a *un peu* un discours anti-migrants

Publié à 11h53, le 18 octobre 2017 , Modifié à 11h53, le 18 octobre 2017

Contrairement à ce qu’assure Nicolas Bay, le FN a *un peu* un  discours anti-migrants
© Montage capture d'écrans/ photo @AFP

Des militants d’ultra droite ont été interpellés mardi 17 octobre. Ils sont soupçonnés de préparer des attentats contre des mosquées, des migrants et des politiques. En juin, un autre homme avait été interpellé. Logan Alexandre Nisin, ce dernier connaissait le milieu politique, il s’était vu proposer un poste au FN en mars (poste qu'il avait refusé).

Sur LCI ce 18 octobre, Nicolas Bay, vice-président du FN et eurodéputé, récuse tout lien avec ces groupuscules d’ultra droite. Interrogé sur le fait de savoir si "le discours anti-migrants du FN ne nourrissait pas ce genre d’idées", il explique :

 

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Ce sont manifestement des groupuscules avec lesquels, en effet, nous n’avons absolument rien à voir. Il faut laisser l’enquête policière se mener. Pour le reste, nous n’avons pas un discours anti-migrants, nous faisons juste le constat que l’immigration massive aussi bien légale que clandestine pose des problèmes dramatiques sur le plan de notre identité, menace la sécurité des Français et a également un impact économique  et social qui est aujourd’hui incontestable.

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Il insiste :

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Il est évident que dans les vagues massives d’immigration, il y a des délinquants, des criminels et même des terroristes. Et les attentats du Bataclan l’ont démontré.

Nous avons une démarche purement politique. (...) Cela ne concerne absolument pas le combat politique qui est le notre.

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Le Front national n’aurait pas un discours anti-migrant, selon son vice-président. Quelques éléments prouvent pourtant que, pendant la campagne pour la présidentielle notamment, Marine Le Pen s’en est très souvent pris à ces migrants. Lors d’une conférence présidentielle, en mars 2017, elle avait déploré :

 

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La situation est devenue incontrôlable quand, année après année, c'est par millions que se sont établis en France des migrants. 

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Elle insistait : "une partie (de ces migrants) ont recréé leur communauté d'origine et vivent sur le sol français dans une langue, selon des mœurs et des lois, qui ne sont pas de France".

En janvier 2017, elle mettait en concurrence SDF et migrants en matière de solidarité nationale. Un communiqué du parti estimait ainsi :

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Malgré le déni gouvernemental, il est très difficile de ne pas établir un lien entre (la) difficulté à loger les SDF et l'afflux massif de migrants dans notre pays, dont le logement est souvent pris en charge prioritairement par les pouvoirs publics

A ce titre, le devoir du gouvernement français est de mettre un coup d'arrêt à la politique d'accueil des migrants.

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Enfin, en septembre 2016, Steeve Briois lançait une pétition "ma commune sans migrants".

Et certaines sections ont fait du zéle. Ainsi le compte Facebook du Front national des Hautes-Pyrénées dans un post d’octobre, s'insurgeait contre l'accueil de 250 migrants à Lourdes, donnant leurs lieux d’hébergement. 

Un discours qui date. En 2015, Marine Le Pen trouvait les migrants "arrogants et exigeants".

A se demander ce que serait un discours "anti-migrants".  

   

 

 

 

 

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