Fillon souhaite un soutien aux "seules forces au sol qui combattent réellement l'Etat islamique", dont le Hezbollah

Publié à 10h29, le 25 novembre 2015 , Modifié à 12h33, le 25 novembre 2015

Fillon souhaite un soutien aux "seules forces au sol qui combattent réellement l'Etat islamique", dont le Hezbollah
François Fillon. © ERIC PIERMONT / AFP

HEZBOLLAH > DAESH -Hiérarchiser la menace. C’est le credo de François Fillon, comme de François Hollande désormais, pour qui l’ennemi s’appelle avant tout Daesh, et non pas Bachar Al-Assad. C’est dans ce contexte et avec ce raisonnement empreint de realpolitik que l’ancien Premier ministre prône une "coalition mondiale" qui soutiendrait "les seules forces au sol qui combattent réellement l'Etat islamique". Et parmi elles, le député LR de Paris cite les Kurdes, les armées syriennes et irakiennes mais aussi… le Hezbollah.

Invité de la matinale de France Inter de ce mercredi 25 novembre, François Fillon déclare ainsi :

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Il faut constituer une alliance mondiale avec tous les combattants possibles et appuyer les seules forces au sol qui combattent réellement l'Etat islamique, qui sont des forces hétéroclites, qui ne sont pas toutes faciles à défendre compte tenu de leur comportement passé, puisque ces forces, c'est les Kurdes, qu'on aide mais pas suffisamment et qui par ailleurs se font bombarder par les Turcs, c'est le Hezbollah, qui combat l'Etat islamique avec le soutien de l'Iran (...), l'armée nationale syrienne et dans une moindre mesure l'armée irakienne.

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Donc la France doit soutenir le Hezbollah, lui est-il rétorqué. Et François Fillon de maintenir sa posture :

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La coalition mondiale doit aider tous ceux qui sont sur le terrain capables de battre l'Etat islamique. Sinon nous allons entrer dans un conflit qui va durer vingt ans.

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Sauf que. Sauf que le Hezbollah, branche militaire du mouvement chiite libanais sous la coupe de l’Iran est placé par l’Union européenne, depuis 2013 et à l’unanimité, sur la liste noire du terrorisme (et depuis 1997 par les Américains).

Il s’agit donc, pour François Fillon, d’opérer une hiérarchisation dans les organisations terroristes. Et une fois encore, l’ennemi mondial numéro 1 s’appelle Daesh, organisation sunnite qui a récemment frappé un fief du Hezbollah à Beyrouth. Ce qui justifierait, pour François Fillon, un revirement envers le mouvement libanais. "C'est comme ça, ça s'appelle la guerre, ça s'appelle le réalisme, ça s'appelle la hiérarchisation des dangers", dit-il, questionné sur cette idée iconoclaste.

Un Hezbollah qui, lui-même, tente d’opérer une communication visant à gagner en respectabilité. Une opération séduction envers l’UE. Ainsi, après les attentats du 13 novembre à Paris revendiqués par Daesh, le chef du Hezbollah a condamné "fermement" les "criminels" de l’Etat islamique. Déjà en avril 2015, le mouvement chiite appelait à l’union sacrée contre Daesh.

[Edit 11h35] "Une faute", selon Bartolone

Invité de Questions d'info, sur LCP ce mercredi, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone a qualifié de "faute" l'idée de François Fillon de se rapprocher, pour battre Daesh sur le terrain, du Hezbollah. "On ne peut avoir comme allié une organisation classée sur la liste noire du terrorisme par l'Union européenne", a déclaré celui qui est également candidat PS pour les régionales en Ile-de-France.

[Edit 12h30] Pécresse aussi est contre

Sur Twitter, Valérie Pécresse s'est opposée à François Fillon, estimant qu'il fallait "refuser" d'inclure le Hezbollah dans la coalition contre Daesh :

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