Gérald Darmanin: "je vais déposer une proposition pour limiter l'âge des députés"

Publié à 18h32, le 01 août 2012 , Modifié à 18h36, le 01 août 2012

Gérald Darmanin: "je vais déposer une proposition pour limiter l'âge des députés"
(France 3)

Le Lab continue sa série d'été consacrée aux jeunes personnalités politiques à suivre dans les prochaines années, à l'UMP et au PS. Troisième épisode à droite avec Gérald Darmanin.
A l'UMP, Gérald Darmanin est le benjamin de l'Assemblée nationale. A 29 ans, l'élu de Tourcoing succède à Christian Vanneste dans la 10e circonscription du Nord, après l'avoir battu en juin dernier. Formé dans l'ombre de Jacques Toubon, Xavier Bertrand et David Douillet, il a essentiellement un exemple en politique : le général de Gaulle. Il incarne une droite gaulliste, qui croit en l'intervention de l'Etat, assez loin de l'aile libérale.
A lire aussi, le précédent volet de la série :
> Virginie Duby-Muller (UMP) : "Je dois faire mes preuves"
> Christophe Béchu (UMP) : "Je suis marqué par Raffarin, de Villepin et Fillon"

  1. "Historiquement, je suis plutôt RPR que UDF"

    • > Quel est votre parcours ?

    En 2007, j'ai été diplômé de Sciences Po Lille. Dans la foulée, j'ai travaillé pour Jacques Toubon au Parlement européen à l'occasion d'un stage qui s'est transformé en contrat par la suite, en tant qu'attaché parlementaire. Issu d'une famille modeste – ma mère est femme de ménage et mon père commerçant – c'est grâce à l'école que j'ai pu faire des études et des rencontres. Au niveau professionnel, j'ai travaillé dans le privé, j'étais juriste. C'est là que j'ai rencontré Christian Vanneste. Ensuite, Xavier Bertrand m'a proposé de devenir le directeur juridique de l'UMP, après avoir été recommandé par Jacques Toubon. En travaillant auprès de Xavier Bertrand, j'ai fait la rencontre de David Douillet.

    J'ai préparé sa campagne aux législatives puis j'ai été successivement chef de cabinet, lorsqu’il était secrétaire d'Etat des Français de l'étranger, et directeur de cabinet quand il a été nommé ministre des Sports. En 2008, j'ai été élu conseiller municipal et, en 2010, conseiller régional. Aujourd'hui élu député, j'ai simplement conservé mon mandat d'élu municipal, à Tourcoing. Je souhaite que la droite puisse reconquérir cette ville.

    J'ai commencé la politique très jeune, puisque j'ai adhéré au RPR à 16 ans, au lendemain de la défaite de la droite aux législatives de 1997. Je me suis dit que c'était vraiment pas possible, que la gauche gagne les élections.

    • > Pourquoi avez-vous décidé de vous engager en politique ?

    J'ai une fibre assez gaulliste, pas très libérale. Je crois à l'intervention de l'Etat. Historiquement, je suis plutôt RPR que UDF. Lorsque j'ai voulu m'engager en politique, c'était en réaction à la victoire de la gauche aux législatives. La droite à l'époque était mal en point, avec les affaires de la mairie de Paris, les cicatrices du duel entre Balladur et Chirac. J'avais envie de dire "faut qu'ils arrêtent leurs conneries". Mais j'ai toujours cru à la politique. L'intervention de l'Etat est très importante pour les gens, je crois que la volonté politique, particulièrement en France, peut changer les choses. Je crois avant tout que l'homme est libre de réussir sa vie, et qu'il n'y a aucun déterminisme sociologique. On n'est jamais enfermé dans un carcan, je crois que quand on veut réussir, on peut. Je ne crois pas à l'excuse sociale : la volonté n'a pas de limite. Evidemment, c'est plus dur pour les enfants d'ouvriers que de bourgeois, mais quand on veut, on peut.

    • > Un mentor en politique ?

    Le général de Gaulle. Il n'y a qu'une personne que je considère vraiment au dessus de mes capacités, c'est le général de Gaulle. J'ai une vision très romantique du général. J'ai toujours sa photo dans mon salon. J'apprécie son désintéressement, son idée de mettre la volonté en avant. Avec lui, il n'y a rien d'impossible. Il avait une force incroyable de conviction.

    Parmi mes modèles, il y a aussi Philippe Vasseur, ancien ministre de l'Agriculture et élu du Nord. Il m'a beaucoup aidé, comme Jacques Toubon. La rencontre avec Xavier Bertrand a aussi beaucoup compté.

    • > C'est quoi être de droite ?

    Ne pas croire en l'excuse sociale. Quand on voit quelqu'un en difficulté, ce n'est pas croire en l'assistanat. C'est dire : le monde est compliqué, mais par la volonté personnelle tu pourras t'en sortir. La gauche croit en l'excuse sociale et donc à la violation d'un principe républicain comme le mérite. Je considère que l'homme vaut par son mérite, pas par son appartenance sociale. Ma droite c'est une droite qui croit en l'Etat, pas la droite ultra-libérale. Si je devais avoir une figure tutélaire, cela serait Philippe Séguin.

      

    • > Quelle est votre activité numérique ?

    C'est moi qui réponds à mes mails. Je tiens également mon compte Twitter et ma page Facebook. Les élus qui ne font pas cela participent aussi à la fracture avec la population. Je me rends compte que cela permet de voir quelle est la réaction des gens. J'accepte d'être minoritaire, mais c'est intéressant de pouvoir écouter.

    J'ai aussi un blog, que je mets moi-même à jour. Parfois ma collaboratrice m'aide à le faire. Je suis en train de travailler à un site plus complet qui permettra de rendre compte de mon activité de député.

    • > Où vous voyez-vous dans 15 ans ?

    J'espère que j'aurai des enfants et que je leur apprendrai à pêcher (rires). Dans quinze ans, j'aurai 45 ans. A vrai dire, je ne sais pas ce que je ferai. Je sais qu'à 60 ans je ne serai plus élu. J'espère que j'aurai eu une seconde vie. J'aimerais ouvrir un restaurant en Dordogne. Le jour où je sentirai que je fais le combat de trop, j'arrêterai la politique. Je pense que je serai capable de quitter ce monde. La politique c'est très prenant, peu de vie de famille, d'amis, etc. Quand on a plus d'énergie, il faut arrêter. D'ailleurs, au 1er septembre, je vais déposer une proposition de loi pour limiter l'âge de l'élection des députés à 67 ans.

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