Henri Guaino : "Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts"

Publié à 07h06, le 04 juin 2013 , Modifié à 10h41, le 04 juin 2013

Henri Guaino : "Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts"
Henri Guaino sur Mots croisés le 3 juin 2013 (image France 2)

"Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts." L'affirmation vient de Henri Guaino, invité de Mots croisés sur France 2 le 3 juin au soir, pour une émission consacrée à Bernard Tapie.

L'ancienne plume de Nicolas Sarkozy est alors face au journaliste de Mediapart, Laurent Mauduis, qui l'interroge sur les éventuelles négociations fiscales entre Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Tapie, quant au montant de l'impôt à payer après les 400 millions reçus de la part du Crédit lyonnais. Le journaliste demande :

Pourquoi vous ne dites pas : "Si Claude Guéant a effacé les impôts de Bernard Tapie, ce n'est pas conforme à ma conception de l'égalité des citoyens devant l'impôt" ?

Pour Henri Guaino, la polémique sur l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie et les impôts payés - et éventuellement négociés - par la suite, sont deux choses différentes. A l'entendre, le second sujet est on ne peut plus commun :

On mélange tout, laissons les impôts de coté.

Pardon mais toutes les fortunes de France négocient leurs impôts, vous le savez parfaitement.

Après un moment de consternation parmi les invités en plateau, notamment Corinne Lepage et Karine Berger, le débat ne s'attarde pas sur ce point.

Voici la vidéo de l'échange isolée par Francetvinfo :

Juste avant la fin de l'émission, Henri Guaino est invité à préciser ses propos. "Je veux que vous sachiez que votre propos a provoqué une fusion sur Twitter", lui fait remarquer Yves Calvi. Le député poursuit alors :

Il faut dire la vérité, dans les histoires d’héritage, dans des problèmes particuliers, on négocie avec l’administration fiscale. C’est une règle connue. C’est l’administration fiscale qui le fait.

Comme l'évoque Yves Calvi, Twitter s'est effectivement beaucoup agité après cette déclaration du député, indigné ou amusé. L'homme d'affaires et président du conseil de surveillance du Monde, Pierre Bergé, choisit par exemple l'humour noir :

Merde, je n'ai pas su que je pouvais négocier mes impôts. Si j'avais su j'aurais peut être voté Sarkozy.

— Pierre Bergé (@pvgberge) 3 juin 2013

De son côté, Valérie Pécresse a été interrogée sur les propos d'Henri Guaino lors de son passage sur i>TELE ce 4 juin au matin. "Au ministère du Budget, est-ce que vous avez négocié des impôts avec des grandes fortunes ?", lui demande Christophe Barbier. Réponse de l'ancienne ministre :

A aucun moment nous n’avons négocié les impôts. A aucun moment. En revanche, il peut y avoir des contestations fiscales sur l'interprétation de la loi fiscale mais c'est à peu près tout.

Du rab sur le Lab

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