Hollande et le droit de vote des étrangers, sujet le plus lu de la semaine

Publié à 16h41, le 16 septembre 2012 , Modifié à 16h41, le 16 septembre 2012

Hollande et le droit de vote des étrangers, sujet le plus lu de la semaine
(Maxppp)

François Hollande s'apprête-t-il à renoncer à l'une de ses promesses phares de la campagne : accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales ? C'est le sujet qui vous a le plus intéressé cette semaine sur Le Lab.

Au palmarès des sujets les plus lus, on trouve aussi Ségolène Royal qui va déjeuner à l'Elysée, la boulette de Cécile Duflot sur le logement social ou encore les mails envenimés de Rachida Dati à ses camarades eurodéputés.

  1. Lundi 10 septembre : la nuit derrière Hollande, l'explication

    Sur lelab.europe1.fr

    François Hollande en costume sombre sur fond noir, voilà l’image de l’interview présidentielle du 9 septembre sur TF1. Grâce à l’incrustation générique utilisée chaque soir par la chaîne, l’invité ou le journaliste donne l’impression d’être devant une vue de Paris. Pour François Hollande ce soir-là – contrairement à Claire Chazallorsqu’elle présente le JT – c’était nuit noire.

    Et la portée de ce fond dépasse largement les seuls téléspectateurs qui ont suivi l’intervention : c’est cette image qui est reprise dans les médias et fait la une des journaux ce 10 septembre.
     
     

     

    Une belle nuit noire, pourquoi pas. Le problème, comme l’a révélée l’agitation parallèle sur les réseaux sociaux, c'est qu'à la même heure, sur Paris, la nuit tombait à peine.

    Sollicité par Le Lab, la rédaction de TF1 a précisé qu’il ne s’agissait que d’un simple "choix esthétique" non dictée par l’Elysée :

    La chaîne a choisi ce fond pour la spéciale car ça rend mieux à l’écran que la tombée de la nuit ou un ciel nuageux par exemple.

    Le choix du plateau est avant tout esthétique et l’Elysée n’est pas intervenu.

    Ca rentre également dans la refonte de la charte graphique des JT que TF1 opère depuis la rentrée.

    Esthétique ou symbolique, l’effet est en tout cas réussi. C’est en noir sur noir que François Hollande a parlé de son "agenda du redressement", de la croissance en dessous des prévisions et des 30 milliards à trouver pour boucler le budget. Une image plus raccord avec le message de crise voulu par le chef de l’Etat.

    Bien différente également de celle donnée par Jean-Marc Ayrault le 6 juin dernier, en tout début de quinquennat, sur la même chaîne.  Le Premier ministre apparaissait alors sur fond clair :

     

    (Capture d'écran TF1 le 6 juin 2012)

  2. Mardi 11 septembre: Royal déjeune à l'Elysée

    Sur lelab.europe1.fr

    Ségolène Royal déjeunera mercredi 12 septembre avec le chef de l'Etat, François Hollande, au palais de l'Elysée. Un déjeuner en forme de réunion de travail qui rassemblera également les 21 autres présidents de régions. 

    De quoi vont-ils parler ?

    Si le menu de la réunion est, entre autres, la réforme des collectivités explique lanouvellerepublique.fr, Ségolène Royal a d'autres sujets en tête, qu'elle détaille dans une interview accordée àFrance Bleu Poitou, accordée le 10 septembre et diffusée le 11 :

    J’entends parler de la mise ne place de la banque publique d'investissement [...]

    Une mesure inscrite dans le projet du candidat Hollande et dont Séoglène Royal rappelle que l'idée vient d'elle :  

    [...] puisque, comme vous le savez, c’est une de mes idées.

    En octobre 2011, le Conseil régional de Poitou-Charentes annonçait la création d'une banque régionale d'investissement pour les PME, expliquait alors l'Express. Ce que Ségolène Royal ne manque pas de souligner :  

    Nous l’avons expérimentée ici. Je souhaite maintenant qu’elle se mette en place rapidement [...]

    Pour en prendre en tête ? En juillet, Le Lab relevait l'esquive de la présidente de région sur cette question... et soulignait combien elle montrait qu'elle connait le sujet.

    Au menu également de mercredi : la mutation écologique et l'investissement "dans les nouvelles énergies en particulier dans les voitures électriques", explique Ségolène Royal.

    Et à l'avant-veille de cette réunion, elle n'oublie pas d'égrainer tout au long de l'interview, les forces de sa région. Façon d'asseoir sa position de présidente d'une région "bien gérée", qui "n'a pas augmenté ses impôts depuis 2004" et ne les augmentera pas, qui investit dans les TER, qui veille à son train de vie, etc.

  3. Mercredi 12 septembre : Hollande va-t-il enterrer le droit de vote des étrangers?

    Sur lelab.europe1.fr

    C'est un des engagements de François Hollande. Pendant la campagne, il l'avait assuré : il mettra en place le droit de vote pour les étrangers hors Union européenne aux élections locales. 

    Mais selon les informations du Canard enchainé du mercredi 12 septembre, le président de la République s'apprête à renoncer. 

     

    "C'est une réforme constitutionnelle, et, pour l'instant, nous ne disposons pas d'une majorité des trois cinquièmes pour la faire adopter". Ce sont les paroles qu'attribue l'hebdomadaire à François Hollande. 

    De fait, c'est un pouvoir que la gauche n'a pas. Comme le remarquait notre éditorialiste Olivier Duhamel au lendemain des légisatives, la gauche ne dispose pas des trois cinquièmes des parlementaires, qui lui permettrait de réviser la Constitution sans le concours d'une partie de l'opposition. 

    Le Canard enchaînéévoque également l'hypothèse d'un référendum dans ce cas, mais "Hollande ne compte pas tenter l'aventure", signale le journal, ajoutant que celui-ci est "perdu d'avance". 

    Le droit de vote des étrangers hors Union européen aux élections locales est l'engagement "50" de ses 60 avancés par François Hollande pendant la campagne : "J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans."

    Alain Vidalies, ministre en charge des relations avec le Parlement s'était déjà expriméà ce sujet en laissant des incertitudes sur l'agenda. Le socialiste avait précisé que le calendrier n'était pas encore fixé mais qu'il le serait en 2013. 

    Le sujet ressemble à un serpent de mer pour les socialistes. En 1981, c'était déjà une promesse de François Mitterrand. La numéro 80 de ses110 propositions pour la France. Un projet également enterré en douceur par le pouvoir d'alors.

  4. Jeudi 13 septembre : la boulette de Duflot sur les logements sociaux

    Sur lelab.europe1.fr

    La scène se passe mardi 11 septembre, au Sénat, en séance publique, lors de l'examen du projet de loi sur le logement social porté par la ministre du Logement, Cécile Duflot.

    Au cinquième paragraphe de son discours d'introduction, la ministre EELV plante le décor :

    En 2012, ce sont 1.700.000 habitants de notre pays qui attendent un logement social.

    Le chiffre est largement repris lors des échanges, par tous les sénateurs ou presque : 

    Par le rapporteur de la commission des affaires économiques,Claude Bérit-Débat, qui parle de "1,7 million de demandeurs de logements sociaux"

    Par la sénatrice Mireille Schurch, qui reprend exactement la même expression : 

    Ou par le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, qui évoque "1,7 million de nos concitoyens en attente d'un logement social"

    Problème ?

    Comme le relève ce jeudi 13 septembre Laurent Guimier, dans sa chronique "Le vrai faux de l'info" ... ce chiffre est faux

    1.742.747, c’est le nombre de demandes actives au 9 juillet 2012, comme le précise bien l’étude d’impact du projet de loi relatif à la mobilisation du foncier public en faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social (PDF).

    Pour obtenir le nombre de personnes concernées, il faut alors le multiplier par le nombre de personnes qui composent un foyer. D'après les informations du Vrai faux de l'info auprès d'un bailleur social, celui-ci est, en moyenne, de 2,4.

    On arrive alors à un total de 4.180.000 personnes, qui n'a plus grand chose à voir avec le 1.700.000 évoqué par la ministre et les sénateurs.

    Attention, parmi ces 1.742.747 demandes actives, toutes ne concernent pas des premières demandes. Environ 500.000 d'entre elles sont déjà locataires en logement social.

  5. Vendredi 14 septembre : les mails envenimés de Dati aux eurodéputés

    Sur lelab.europe1.fr

    La vie de Rachida Dati au Parlement européen ne ressemble décidément pas à un long fleuve tranquille. La maire du VIIe arrondissement de Paris en a encore fait les frais cette semaine.

    Episode 1, mardi 11 septembre, à 11h50.

    L’ensemble des eurodéputés ainsi que leurs assistants parlementaires reçoit un mail provenant de la boite mail de Rachida Dati. Un courrier, écrit en français et en anglais, dont l’objet est sobrement : "Nomination d’un membre du directoire de la BCE".

    Dans ce mail, que Le Lab s’est procuré, l’eurodéputée françaiseprend à témoin ses collègues sur le manque de parité au sein du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) :

    Dans le cadre du processus de nomination d'un nouveau membre du directoire de la Banque Centrale européenne,nous sommes choqués qu'aucune femme n'ait même été présélectionnée.

    Cette attitude est totalement contradictoire avec la volonté aujourd'hui en Europe, y compris à la Commission européenne, de légiférer en faveur d'un plus grand respect de la parité dans nos instances publiques et dans les entreprises.

    Mail 1 : capture d’écran du mail envoyé par Rachida Dati (cliquez sur les images pour agrandir)

     

    Et l’ancienne garde des Sceaux de revenir sur une réunion de la commission des affaires économiques (ECON) de lundi où devait être auditionné le candidat luxembourgeois au directoire de la BCE. Un homme, Yves Mersch. Rachida Dati se félicite alors que la commission ait "très justement pris la décision de reporter l’audition de Monsieur Yves Mersch" :

    Sa nomination signifierait que le Directoire de la BCE ne comporterait aucune femme et cela au moins jusqu'en 2018. Nous ne pouvons pas l'accepter.

    Jusqu’ici, la démarche de Rachida Dati en faveur de plus de parité est honorable, à l’image de son combat français pour une plus grande présence féminine à l’UMP. L’élue ajoute alors, en conclusion :

    Je vous invite donc, chers collègues, à refuser toute audition, bloquant ainsi toute nomination,  afin de protester contre cette régression.

    Pour cela, je vous invite à me confirmer en réponse à ce courriel votre refus d'organiser cette audition tant que la candidature d'une femme n'est pas proposée à ce poste.

    En réponse, Rachida Dati ne reçoit alors pas la confirmation demandée de refuser d’organiser cette audition, mais un gros rappel à l’ordre.

    Episode 2 : quinze minutes plus tard …

    Une eurodéputée française, Sylvie Goulard, n’accepte pas le mail de Rachida Dati, à qui elle reproche son absence le lundi en commission. Et le lui fait savoir, un quart d’heure plus tard, répondant à l’ensemble des députés de la commission ECON,auteurs ce lundi même d’un communiqué pour faire la même demande que celle du lendemain de Rachida Dati. 

    Sylvie Goulard écrit alors :

    Madame, nous ne pouvons que nous réjouir que vous souteniez la position qui a été adoptée par la commission ECON depuis des mois et confirmée hier soir lors d'une séance où votre absence a été regrettée.

    Le coordinateur du PPE, Jean-Paul Gauzès, a déjà marqué sa solidarité avec les autres coordinateurs. Et jusqu'à nouvel ordre cette audition est reportée.

    Et d’ajouter :

    A l'avenir, nous serions ravis que votre présence assidue dans la commission ECON conforte la cause des femmes.

    Mail 2 : Capture d’écran du mail de Sylvie Goulard

    Episode 3 : moins d’une heure après … 

    Attaquée, Rachida Dati contre-attaque, prenant à partie les membres de la commission ECON, mis en copie. 

    L’élue française balance :

    Etant élue locale nationale française, j'ai des engagements et en particulier en cette rentrée scolaire en tant que maire.

    Pour le reste chère madame, sans doute pourriez vous, peut-être de manière plus assidue, vous intéresser aussi aux difficultés et préoccupations des français par des rencontres de terrain notamment ou par des engagements associatifs et militants, car je ne vous ai jamais entendu ou même lu...car vous faites de votre "élitisme" une force.

    Et conclut :

    A l'avenir peut être que les femmes en difficultés vous trouveront à leurs côtés dans leurs combats...

    Mail 3 : capture d’écran de la contre-attaque de Rachida Dati

    Episode 4 : et revoilà l’ensemble du parlement dans la boucle

    Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Vient alors la réplique d’un eurodéputé luxembourgeois, comme le candidat au directoire de la BCE.  Toujours le 11 septembre, dès 13 heures, Robert Goebbels écrit, toujours par voie électronique, en mode "répondre à tous". Il met en cause la "crédibilité" de Rachida Dati au regard de son passif sur le sujet :  

    Votre appel au sujet du processus de nomination de M. Mersch comme nouveau membre du Directoire de la BCE serait peut-être crédible, si vous aviez manifesté le même engagement pour la présence de femmes au sein de la BCE lorsqu'il s'agissait de nommer le représentant masculin français, proposé à l'époque par un Gouvernement français que vous avez soutenu. 

    Vous avez également accepté sans broncher des candidats masculins pour le poste de président, ou lors des nominations des membres allemand, belge et portugais du directoire.

    L’élu luxembourgeois accuse alors l’ancienne proche de Nicolas Sarkozy d’agir avec dénigrement car il s’agit "d’un petit pays". Et l’enjoint, avec ironie, à regarder ce qui se passe dans l’Hexagone avant de faire ce genre de sortie :

    Maintenant qu'il s'agit de désigner le représentant d'un petit pays, vous découvrez soudainement la cause des femmes.

    Appliquez-vous pour que le prochain Gouverneur de la Banque de France soit une femme et vous deviendrez plus crédible.

    Mail 4 : capture d’écran de la réplique de Robert Goebbels

     

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