Le gouvernement a-t-il bien lu le rapport Gallois sur le gaz de schiste ?

Publié à 10h06, le 06 novembre 2012 , Modifié à 10h31, le 06 novembre 2012

Le gouvernement a-t-il bien lu le rapport Gallois sur le gaz de schiste ?
Jean-Marc Ayrault et Louis Gallois le 5 novembre 2012 lors de la remise du rapport (Maxppp)

A peine le rapport Gallois diffusé, le gouvernement s'est empressé de faire une première précision : "la proposition sur le gaz de schiste ne sera pas retenue". Ce sont les services de Matignon qui ont fait passer le message par l'AFP pour couper court à un début d'affolement, notamment chez les écologistes très opposés au gaz de schiste.

Mais ce "non" catégorique n'est-il pas un peu rapide ? Le gouvernement a-t-il bien lu le rapport Gallois à ce sujet ? Laurent Guimier s'est penché sur la question dans Le Vrai-Faux de l'Info ce 6 novembre sur Europe 1.

Que propose exactement le rapport Gallois sur le gaz de schiste ? Il plaide pour que "la recherche sur les techniques d'exploitation soit poursuivie". Il l'explique ainsi ce 6 novembre sur RTL :

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Je n’ai pas dit qu’il fallait poursuivre l’exploration mais continuer à travailler sur les techniques d’exploitation. Ca me parait naturel.

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L'idée n'est donc pas d'utiliser la technique actuelle de fracturation hydraulique pour extraire le gaz de schiste mais d'en chercher de nouvelles, plus propres, en laboratoire.

Or, sur ce point, Louis Gallois est sur la même ligne que le gouvernement :

- Le 22 août , Jean-Marc Ayrault se disait favorable à un "débat public" sur les solutions "non polluantes" pouvant exister.

- Le 17 septembre , Arnaud Montebourg expliquait au Monde que le gaz de schiste n'était pas "condamné en soi" et que "si la recherche évolue sur cette technique, il serait bien temps d'en reparler".

François Hollande n'a pas dit autre chose durant la conférence environnementale du 15 septembre. Comme le souligne cet article du Monde de l'époque, le président a opposé un "non" ferme à la fracturation hydraulique mais n'a pas fermé la porte à d'autres techniques futures, plus propres. Posture qu'il avait déjà durant la campagne. Dans Usine Nouvelle, il avait appelé à

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ne pas écarter l'exploration des gaz de schiste, à condition qu'elle puisse être réalisée sans altérer l'environnement et que cela soit démontré par des recherches.

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La réaction expresse des "services de Matignon" est d'autant plus surprenante que Jean-Marc Ayrault doit annoncer lui-même, officiellement ce 6 novembre, les arbitrages du gouvernement sur le rapport Gallois : sa position sur le gaz de schiste aurait donc dû être connue à ce moment-là. 

En attendant l’opposition n’a pas manqué de critiquer ce "non de principe", à l’image de Valérie Pécresse sur RFI :

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Je ne comprends absolument pas le "non" de principe du gouvernement à une proposition qui dit uniquement : "On va chercher de nouvelles méthodes d’exploration".

Alors maintenant le gouvernement est contre la recherche ?Le gouvernement est contre le fait de réfléchir dans notre pays ? Voilà ce à quoi mènent les accords PS-Verts dans notre pays ?

Ca s’appelle de la petite politique, ça s’appelle la IVe République.

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Du rab sur le Lab

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