Le gros parallèle de Hollande sur Mitterrand, "qui a subi critiques, contestations, outrages et outrances"

Publié à 19h13, le 26 octobre 2016 , Modifié à 19h13, le 26 octobre 2016

Le gros parallèle de Hollande sur Mitterrand, "qui a subi critiques, contestations, outrages et outrances"
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Le discours était attendu. Ce mercredi 26 octobre, au musée du Louvre, François Hollande a rendu hommage à un autre François, lui aussi socialiste, lui aussi président de la République : Mitterrand. L’anniversaire du centenaire de la naissance de François Mitterrand a évidemment été l’occasion pour François Hollande de saluer l’action de son prédécesseur socialiste à l’Elysée.

En dessinant le portrait de François Mitterrand, le chef de l’Etat a fait en creux le sien et a dressé un parallèle avec la situation actuelle 30 ans après. A commencer par les attaques dont le natif de Jarnac (Charente) a été victime. Comme un certain François Hollande, vilipendé dans son propre camp à la suite de ses confidences dans Un président ne devrait pas dire ça. Voilà ce que le chef de l’Etat a déclaré :

 

 

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Au-delà ce des hommages qui aujourd’hui paraissaient d’évidence, faut-il rappeler que François Mitterrand de son vivant a pu subir de critiques, de contestations, d’outrages, d’outrances. Parce qu’il était François Mitterrand et qu’il avait combattu, parce qu’il était un opposant qui avait été lui-même irréductible (…) Sans doute aussi parce qu’il avait le sens des formules et qu’il lui était arrivé de blesser.

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François Hollande a aussi rappelé que François Mitterrand a "été attaqué parce qu’il était la gauche". Il a ajouté : "Il fut attaqué par la droite parce qu’il était de gauche, par une partie de la gauche parce qu’il ne l’était pas assez, par le centre car il n’en était pas". Suivez mon regard…

Durant son discours, le président de la République ne s’est pas contenté d’évoquer seulement les critiques politiques. Il a aussi glissé un message à double sens sur son avenir politique : "A la gauche, à toute la gauche, il laisse un testament décisif : se rassembler pour gouverner et gouverner pour réformer et changer le pays".

Mais il a ajouté dans la foulée, comme pour doucher les espoirs éventuels de certains responsables PS tentés de se présenter à la présidentielle (Manuel Valls notamment) et donc d’enterrer le chef de l’Etat sortant :

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Car à la fin, notre responsabilité c’est de faire avancer le pays, de lui donner son horizon, de lui montrer que le progrès est encore possible et que nous pouvons améliorer le sort non seulement de ceux et celles qui vivent ici mais également l’avenir de l’Europe et le monde tout entier parce que nous sommes la France.

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On dirait bien que cela ressemble aux grandes lignes d’une nouvelle campagne.

 

[BONUS TRACK] Bartolone sèche le discours de Hollande

Depuis deux semaines, les relations entre Claude Bartolone et François Hollande se sont nettement refroidies. En cause : les confidences du chef de l’Etat dans le livre des deux journalistes du Monde. Courroucé, le président de l’Assemblée nationale ne se rend désormais plus au traditionnel dîner de la majorité, le mardi. Ce mercredi 26 octobre, Claude Bartolone a même fait savoir qu’il allait quitter la salle au moment du discours hommage de François Hollande à François Mitterrand. Et l’a bien fait. Ambiance...

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