Le journal municipal de Béziers s'attaque à un journaliste de Midi Libre

Publié à 13h45, le 03 avril 2015 , Modifié à 15h57, le 03 avril 2015

Le journal municipal de Béziers s'attaque à un journaliste de Midi Libre
L'article du magazine de Béziers © AFP et capture d'écran Journal municipal de Béziers

On s’était habitués à voir le journal municipal de Béziers faire la promotion de son maire, Robert Ménard. Mais la dernière mouture du bulletin municipal est allée un peu plus loin. Dans son édition du 1er avril, le magazine de la ville s’en prend frontalement au quotidien local, Midi Libre, qu’il dit avoir "pris la main dans le sac du mensonge".

Objet du contentieux, le traitement réservé par le quotidien à la cérémonie de rebaptisation d’une rue de la ville de Béziers au nom d’un partisan de l’Algérie française, Hélie Denoix de Saint Marc, mi-mars.

Le journal municipal accuse le journaliste de Midi Libre présent ce jour-là de mentir sur les chiffres. Avançant un rassemblement de 2.000 à 2.500 personnes, la gazette de la ville s’étonne des chiffres du journaliste. Et remet carrément en cause sa probité :

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Que penser d'un journaliste qui, en fin d'après-midi, sur le site internet du journal, affirme que la manifestation du maire a réuni 1.500 personnes et qui, quelques heures plus tard, dans le journal vendu en kiosque, écrit qu'il y en avait seulement 1.000 ? Que penser de ce même journaliste qui fait passer la contre-manifestation communiste de 500 à 600 ?

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Le journal municipal qui voit en Midi Libre un "quotidien local que 90% des Bitterois ne lisent jamais, les 10% restant l’achetant surtout pour les pages sports ou les faits divers" relaye également le nom du journaliste présent ce jour là. On peut lire :

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Ce journaliste s'appelle René  Ferrando. Il tient un compte Twitter avec lequel il a relayé l'action du parti communiste contre l'inauguration de la rue Denoix de Saint Marc. Ce journaliste militant n'en est pas à son coup d'essai.

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Jeudi 2 avril, la rédaction de Midi Libre a condamné les attaques du bulletin municipal. Dans un billet d’humeur, un journaliste de l’édition locale de Béziers dénonce les "contre-vérités" "assénées" par Robert Ménard "sur Facebook, comme dans son bulletin de propagande". Et s’inquiète de la divulgation du nom et de la photo d’un journaliste "à la compétence affirmée" pour la seule raison que "ses écrits ne plaisent pas au 1er magistrat".

Il ajoute :

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On attend demain la publication des adresses, histoire de monter d’un cran dans la persécution. Les réactions de l’extrême-droite, la méthode Ménard, c’est aussi cela. Celle qui rappelle des heures sombres, des heures passées.

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[Bonus Track] Les mots croisés spécial "Algérie Française"

La dernière édition du journal municipal de Béziers ne s’arrête pas à cette violente charge contre Midi Libre. En page 26, le bulletin de la ville s’offre un instant ludique avec une toute nouvelle page de mots croisés. Mais pas n’importe quels mots croisés. Des mots croisés spécial "Algérie française".

Entièrement consacré au pays du Maghreb époque pré-1962, le jeu de réflexion demande ainsi le nom de ce "mouvement indépendantiste terroriste" ou du "deuxième président de la République française".

Toujours sur l'Algérie, le magazine de la ville de Béziers propose un extrait du discours prononcé par Robert Ménard le jour de l'inauguration de la rue Hélie de Saint Marc. Intitulé "L'Algérie, ce paradis perdu...", le texte est l'occasion de constater que le maire de Béziers, né à Oran, garde une vision idyllique de l'Algérie française. Il déclare :

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Faut-il le redire aux révisionnistes de tout poil, la présence française en Algérie, ce sont des ports des aéroports, des routes, des écoles des hôpitaux. Ce sont des marais asséchés, des maladies éradiquées.

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Et le fondateur de Reporters sans frontières d'ajouter :

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[C'est] aussi du soleil sur la peau, des éclats de rire sur les plages, des filles à la peau suave, un ciel comme il n'en existe nulle part ailleurs.

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Du rab sur le Lab

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