Le prélèvement à la source, cette "bonne réforme" qu’Edouard Philippe repousse d’un an

Publié à 06h51, le 07 juin 2017 , Modifié à 06h53, le 07 juin 2017

Le prélèvement à la source, cette "bonne réforme" qu’Edouard Philippe repousse d’un an
Edouard Philippe. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, mis en place par François Hollande avec son ministre du Budget Christian Eckert, devait voir le jour le 1er janvier 2018. Ce mercredi 7 juin, dans une longue interview au Parisien, le Premier ministre Edouard Philippe annonce que le premier gouvernement du quinquennat Macron va "décaler sa mise en œuvre au 1er janvier 2019".

Est-ce à dire que le chef du gouvernement recule ou qu’il est hostile à cette réforme ? Dans cette interview pourtant, Edouard Philippe assure que cette réforme verra bien le jour. Et d’en donner les points positifs alors que ce prélèvement à la source est critiqué par le patronat :

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C’est une bonne réforme car elle permet d’ajuster en temps réel la perception de l’impôt à l’évolution de vos revenus. 

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Durant la campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron avait déjà souhaité, en mars, une "expérimentation" d'un an de la mesure au lieu de son entrée en vigueur pleine et entière en 2018. Entre les deux tours, l'ex-ministre de l'Economie avait annoncé qu'elle n'entrerait pas en vigueur début 2018, s'inquiétant notamment du choc psychologique infligé aux Français lorsqu'ils verraient leurs salaires amputés sur leur fiche de paie.

Surtout, politiquement, cette mesure risquait en effet de rendre invisible pour les salariés une mesure-phare du président Macron : la baisse des cotisations salariales. "Monsieur Macron veut en fait que les baisses de cotisations salariales qu'il annonce sur la feuille de paie de certains se voient fin janvier. Ce n'est pas facile car elles seront en partie rognées par la hausse de CSG qu'il prévoit pour (presque) tout le monde", avait étrillé en mai l'ex-secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert.

Comme annoncé par l'équipe du chef de l'Etat, un "audit" aura bien lieu, avec une expérimentation de la mesure auprès d'"entreprises volontaires" entre juillet et septembre, précise Edouard Philippe au Parisien. "S'agissant de l'argent des Français et des recettes de l'Etat, je ne veux pas m'engager dans cette réforme sans avoir la certitude que, techniquement, tout se passera bien", affirme-t-il alors que les contribuables viennent de faire leur déclaration d'impôt sur le revenu de 2016.

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