L’équipe Pécresse demande que la conférence de presse de rentrée du président de l’Assemblée soit intégrée aux comptes de campagne du candidat Bartolone

Publié à 16h45, le 07 octobre 2015 , Modifié à 13h29, le 15 octobre 2015

L’équipe Pécresse demande que la conférence de presse de rentrée du président de l’Assemblée soit intégrée aux comptes de campagne du candidat Bartolone

Chaque année depuis 2012, en septembre, Claude Bartolone inaugure la nouvelle saison des invités de la presse parlementaire. Une conférence de presse de rentrée du président de l’Assemblée qui ne passe pas auprès de l’équipe de Valérie Pécresse, en cette édition 2015 qui a eu lieu ce mercredi 7 octobre.

Car Claude Bartolone est également le candidat du Parti socialiste aux régionales en Ile-de-France contre Valérie Pécrese. Et l’équipe de la candidate LR y voit une "inadmissible confusion des genres". Dans un communiqué, Geoffroy Didier demande donc que cette conférence de presse soit intégrée aux comptes de campagne du candidat Bartolone. "Monsieur Bartolone ne pourra pas impunément utiliser la maison de la Loi pour imposer la sienne", peste-t-il. Et d’écrire :

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Invité à s'exprimer sur son action institutionnelle comme président de l'Assemblée nationale lors d'une conférence de presse organisée ce jour dans les murs même de l'Assemblée, Claude Bartolone en a profité pour s'offrir une tribune électorale pour sa campagne régionale en Ile-de-France au mépris de toutes les règles d'équité et d'impartialité qu'il s'était lui-même engagé à respecter.

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La droite reproche donc à Claude Bartolone, qui a renoncé à présider les médiatiques questions au gouvernement pour ne pas mélanger ses deux rôles, la diffusion télé de cette conférence de presse de rentrée (sur LCP notamment). Geoffroy Didier, porte-parole de Valérie Pécresse, reproche également au candidat socialiste d’avoir profité de cette espace de visibilité médiatique pour commenter les sondages qui le donnent perdant contre Valérie Pécresse. Et d’avoir "attaqué la droite francilienne, allant jusqu’à la comparer à la Stasi".

Lors de cette conférence de presse, en effet, Claude Bartolone a rapidement commenté les récentes enquêtes d’opinion, interrogé par les journalistes présents, après avoir longuement disserté sur ses propositions pour réformer les institutions. Et notamment l’Assemblée nationale. L’élu socialiste s’est en revanche effectivement indigné des méthodes de ses opposants, qui sont allés jusqu’à prendre aux aurores une photo de la voiture (de l’Assemblée) utilisée pour se rendre à une interview sur BFM TV.

Cette séquence survient alors que la tension dans la campagne en Ile-de-France entre le PS et LR est montée d’un cran, entre Claude Bartolone visé par une enquête préliminaire pour un possible emploi fictif et Valérie Pécresse accusée par le PS de "graves irrégularités" dans sa campagne.

Dans l'entourage de Claude Bartolone, on se dit "stupéfaits" par ce communiqué. On explique :

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C'est consternant. C'est l'association des journalistes parlementaires qui fait sa rentrée. Ils (l'équipe de Valérie Pécresse) sont dans une sorte de fragilité pour faire cette polémique à l'AJP. C'est l'AJP qui est mise en cause, c'est malvenu.

 

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Un membre de l'équipe de campagne, ajoute grinçant : "Est-ce que quelqu'un a dit quelque chose à Valérie Pécresse quand elle est venue à l'AJP le 10 juillet ? Est-ce qu'ils vont dire quelque chose à Dupont-Aignan quand il va venir ? Ils sont au bord du burn-out."

[EDIT 17:37] Ajout réactions entourage de Claude Bartolone 



[Edit 15/10] Les députés LR écrivent au CSA

Ce jeudi 15 octobre, plusieurs députés de Les Républicains écrivent au CSA pour l'alerter sur ce sujet. Exprimant leur "étonnement", ces élus, notamment le président du groupe Christian Jacob, l'ancien Premier ministre François Fillon et les anciens présidents de l'Assemblée Bernard Accoyer et Patrick Ollier mais aussi Valérie Pécresse, jugent que "la diffusion de cette conférence de presse [devant l'Association des journalistes parlementaires] témoigne d'un mélange des genres" à deux mois des régionales, dans un courrier au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Olivier Schrameck, révélée par L'Opinion et dont l'AFP a eu copie.

Au-delà de "cet événement survenu le 7 octobre à près de 60 jours des élections régionales", leur courrier observe que "la chaîne LCP, pourtant diffusée sur la TNT et accessible très largement, échappe aux règles du CSA auxquelles sont soumises toutes les chaînes de télévision pour les campagnes électorales". Or, aux yeux de ces élus LR, "la candidature du Président de l'Assemblée nationale à des élections régionales, étant inédite jusque-là, se pose le problème de l'équité des temps de parole sur cette chaîne".

La Chaîne Parlementaire, qui regroupe les chaînes LCP-Assemblée nationale et Public Sénat, a été créée fin 1999 par l'Assemblée nationale et le Sénat pour rendre compte de l'activité des deux chambres. LCP-AN et Public Sénat ne sont pas soumises au contrôle du CSA, mais à un contrôle par les assemblées respectives. "C'est sous le contrôle du bureau de chaque assemblée que les sociétés doivent respecter la réglementation applicable en matière de chaînes de télévision thématiques et répondre à l'exigence d'impartialité des programmes posée par la loi", est-il précisé sur le site internet du CSA.

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