Les six obstacles sur la route de Hollande

Publié à 12h22, le 10 novembre 2011 , Modifié à 11h28, le 15 novembre 2011

Les six obstacles sur la route de Hollande
François Hollande, mercredi, à la maison de l'Amérique latine, à Paris. (Maxppp)

Les sondages moins flatteurs annonceraient-ils la fin de l'état de grâce pour le candidat Hollande ? Possible. En tout cas, pour notre blogueuse Delphine Dumont la route qui mène à l'Elysée est semée d'obstacles à bien des égards infranchissables pour le prétendant socialiste à la magistrature suprême. Revue de détails en six points.

  1. Obstacle n°1 : la durée

    Sur Tumblr

    Remporter la primaire est une première étape vers la présidentielle, ce n'est pas l'arrivée. Pourtant, très vite, François Hollande a relâché son effort au point que dès le 24 octobre (8 jours tout juste après le second tour de la primaire), un Tumblr se créait pour soutenir le candidat socialiste.

    Pire, hier, mardi 8 novembre, les sondages montraient une baisse du score de François Hollande.

  2. Obstacle n°2 : les soutiens

    Sur L'Express

    Jacques Attali joue les croque-morts et prend les mesures du futur cadavre de la candidature socialiste dans un cinglant billet : "2012: comment la gauche va perdre". Il souligne fort justement que le soutien des écologistes et du reste de l'extrême-gauche n'est pas acquis. Les autres candidatures de gauche vont parasiter la communication de François Hollande qui va devenir totalement inaudible. Et encore ! Chevènement n'avait pas encore annoncé qu'il se présentait quand Attali a écrit ce billet !

  3. Obstacle n°3 : l'expérience

    Sur Le Figaro

    Quoi qu'il en dise, François Hollande n'a jamais dépassé le statut de petit élu de province. Il semble n'avoir rien fait de remarquable depuis 30 ans comme le faisait perfidement remarquer Ségolène Royal. Effectivement, on est bien en peine de dire ce qu'il a pu faire à part protester contre la droite.

    Apparemment, il a été un bon maire et un bon président de Conseil général, mais il n'a vraiment pas brillé comme chef de parti. Cela lui fait un bagage plus que léger pour devenir président de la République.

  4. Obstacle n°4 : son flou perpétuel

    Sur Le Post

    Les gens qui voteront pour François Hollande le feront parce qu'ils ne veulent pas ou plus de Nicolas Sarkozy ou parce qu'ils se reconnaissent dans le Parti socialiste. En revanche, je vois mal comment ils pourraient voter pour lui par adhésion au personnage.

    Lors de la primaire rad-soc, il y a eu trois débats. Pas un n'a pu faire émerger un trait de personnalité de François Hollande sauf sa recherche constante de la facilité. Rappelez-vous la façon dont il s'obstinait à prendre la parole en dernier afin de minimiser la prise de risques.

    En dehors de ça, la seule image qui lui colle à la peau est celle que lui donna Montebourg : Flamby !

  5. Obstacle n°5 : sa stature

    Sur Twitter

    On a beaucoup reproché à Sarkozy son manque de stature présidentielle. Sa grossièreté de langage et d'attitude ne collait pas à la dignité dont nous voulons voir pourvu notre Président. Le temps passant, les équipes de communication aidant, Nicolas Sarkozy a corrigé beaucoup de ses erreurs.

    Sommes-nous prêts à rejouer avec un autre président qui ne serait pas à la hauteur du job ? On apprend que François Hollande ne peut pas affronter une conférence de presse, comment affronterait-il un G20 ? On l'avait vu lors des débats, il a du mal à réagir face à des opinions contradictoires, il recherche en permanence le consensus. Or, un Président est un dirigeant, il doit trancher, décider, prévoir, orienter...

  6. Obstacle n°6 : une équipe en vrac

    Sur Le Monde

    Depuis des années, le Parti socialiste se déchire cruellement. Entre ceux qui tirent vers l'extrême gauche, ceux qui n'ont pas vu les temps changer et ceux qui veulent se rapprocher du centre, le terrain est propice à la bisbille. Les histoires personnelles (Royal/Hollande ou DSK/Aubry, par exemple) viennent envenimer un peu plus la situation.

    Six mois après le séisme de l'affaire DSK, un mois après la primaire citoyenne, le parti est retombé dans son vieux travers : le chacun pour soi.

    François Hollande n'est pas soutenu par un parti comme a pu l'être (et le sera sans doute) Nicolas Sarkozy. Ça risque de lui coûter cher.

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