L’explication alambiquée de Florian Philippot sur la dénonciation de 19 eurodéputés par le FN

Publié à 09h30, le 30 mai 2017 , Modifié à 09h30, le 30 mai 2017

L’explication alambiquée de Florian Philippot sur la dénonciation de 19 eurodéputés par le FN
Florian Philippot. © Capture d'écran Europe 1

BIENVEILLANTE DÉLATION - Si le Front national, via l’eurodéputée Sophie Montel, a signalé à la justice le cas de 19 eurodéputés dont certains assistants parlementaires seraient des emplois fictifs, ce n’est pas du tout, mais vraiment pas du tout par malveillance pour mouiller tout le monde, assure ce mardi 30 mai Florian Philippot. Bien au contraire.

Invité d’Europe 1, le vice-président du FN assure que la démarche vise à "faire respecter le principe d’égalité devant la justice". Il poursuit, expliquant en substance que le FN a fait dans la dénonciation pour démontrer qu’il n’y a rien d’illégal. Ni pour les autres, ni pour eux, ni donc pour Marielle de Sarnez, la ministre d’Emmanuel Macron dans le collimateur.

Nous disons que ces cas ne sont pas illégaux comme les nôtres ne le sont pas. Il nous a été reproché d’avoir des assistants parlementaires qui sont sur l’organigramme du FN. On a creusé pour savoir si on était les seuls dans ce cas-là. On a découvert que beaucoup d’eurodéputés français sont dans la même situation. Ils ont des assistants parlementaires qui sont en responsabilité dans leur mouvement politique.

"Les foudres de la justice et du Parlement européen ne s’étaient abattues que sur le Front national. Il n’y a pas de raison", poursuit l’eurodéputé frontiste. Le candidat aux législatives à Forbach dénonce "une affaire montée de toute pièce pendant la campagne présidentielle contre Marine Le Pen sur un cas parfaitement anodin et normal et qui concerne énormément de députés français au Parlement européen dont Marielle de Sarnez". Et d’ajouter :

C’est un principe d’égalité, du refus du deux poids, deux mesures. Si certains sont sous enquête judiciaire, il faut que tous ceux qui sont dans la même situation le soient aussi. Ce qui ne préjuge pas du tout d’une culpabilité. Il faut aller au fond des choses. Il n’y a rien d’illégal à faire travailler des militants comme assistants parlementaires. 

Si on résume, le FN a fait de la délation non pas pour stigmatiser ses petits camarades du Parlement européen mais pour montrer qu’ils sont aussi dans leur droit. Pourtant, l’instance européenne a lancé des procédures de recouvrement pour un total de 1,1 million d’euros, par le biais de prélèvements sur les indemnités de six eurodéputés frontistes, dont Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, comme le rappelle Le Monde.

[BONUS TRACK] Unbelievable

Unbelievable, incroyable, étonnant, WTF… Oui, Florian Philippot a dit du bien d’Emmanuel Macron… pour sa réception de Vladimir Poutine à Versailles. "Sur la forme, j’étais heureux de cette rencontre à Versailles. Je n’ai pas de reproches à lui faire de ce point de vue-là", explique-t-il à propos de la visite du Président russe, dont le FN est plutôt fan. Avant d’ajouter, reconnaissant lui-même avec humour le caractère exceptionnel d’un tel satisfecit :

 

Peut-être que ça ne se reproduira pas beaucoup dans le quinquennat. Il faut en profiter.

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