L’interview compliquée de Fleur Pellerin sur France Inter, un lundi férié, au 19ème jour de grève

Publié à 10h32, le 06 avril 2015 , Modifié à 17h24, le 06 avril 2015

L’interview compliquée de Fleur Pellerin sur France Inter, un lundi férié, au 19ème jour de grève
Fleur Pellerin est formelle: France Inter, ce n'est pas RTL. © Captures d'écran France Inter

INSTANT RADIO – Exercice compliqué pour Fleur Pellerin, lundi 6 avril. La ministre de la Culture et de la communication était l’invitée de France Inter, au dix-neuvième jour de grève à Radio France. Alors que le blocage persiste entre la direction et les salariés de la radio publique, la ministre a tenté de distiller ses éléments de langage. Revue de détail:

 

# Les émissions de Radio France <3

C’est une constante chez Fleur Pellerin, à chaque interview sur la situation à Radio France, elle rappelle son affection pour la radio publique. Déjà fin mars, au Parisien, elle confiait que "comme beaucoup de Français", elle était "très attachée à la diversité des antennes de Radio France" et ses émissions, dans l’ordre : "le Masque et la Plume, les Petits Bateaux, Sur les épaules de Darwin, les matins de France Culture".

Lundi, la ministre a récidivé. D’abord en disant "son plaisir à retrouver les antennes ce matin" et celui "d’entendre les voix de Radio France". Un bonheur qu’elle pense partager avec les auditeurs contents, eux aussi, de pouvoir écouter une "radio qui leur manque".  

 

#La responsabilité du gouvernement précédent

Qu’on ne dise pas à Fleur Pellerin que l'exécutif est entièrement responsable de la situation à Radio France. "Oui", le gouvernement accepte sa part de responsabilité. Mais "non", il n’est pas le seul en cause. "Ni celui de Jean-Marc Ayrault avant, lui". Pour la ministre de la Culture, il s’agirait plutôt d’une "chaîne de responsabilités" qui fait que, depuis près de dix ans, "les réformes nécessaires ne sont pas faites".

Autre grief, le chantier de modernisation des locaux de Radio France qui pèse sur les finances de Radio France. Fleur Pellerin fait mine de s'interroger:

Qui a lancé ce chantier par exemple qui entraîne aujourd’hui un certain nombre de dérive qui pèsent sur le fonctionnement de la radio ? Ce n’est pas ce gouvernement, ce sont d’autres gouvernements. Donc voilà, chacun a sa responsabilité.

 

# Dialogue, dialogue, dialogue

C’est peut-être le terme que Fleur Pellerin a le plus utilisé dans son interview. "Dialogue". En quelques minutes, la ministre emploie le terme au moins six fois… et à toutes les sauces.

Ainsi, lorsqu’on lui demande qui de la direction et des salariés doit céder :

Je pense que ça fait partie du dialogue. La direction a répondu. Je pense qu’il va falloir reprendre le dialogue sur ses points là mais de parler plus généralement du projet d’entreprise.

Ou ce qu’elle attend de la réunion de mercredi :

Je crois qu’il faut attendre de ce rendez-vous, parce qu’il est important, que ce soit la présidence qui reprenne le dialogue social avec les représentants du personnel. Je crois qu’aujourd’hui le plus important c’est de pouvoir retrouver le chemin du dialogue.

Et un peu plus tard, sur ces échanges avec la direction de Radio France :

Je crois au dialogue social, je crois à la nécessité de partager le projet d’entreprise avec les salariés et c’est ce que j’ai demandé dans la lettre adressée à la direction. 

 

# Radio France, ce n'est pas RTL

Argument inattendu au moment de défendre le service public proposé par Radio France. Fleur Pellerin invoque la singularité du service public et "sa mission spécifique de décryptage de l'information et d'accès à la culture". Et la ministre de se lancer dans une comparaison avec les chaînes de radios (privées) concurrentes. Elle dit:

Quand on écoute France Inter, on n’écoute pas RTL. Malgré tout le respect que j’ai pour RTL ou pour Europe 1.

Des propos que les principaux intéressés ont accueilli assez tièdement. Ainsi, le journaliste de RTL Jean-Michel Apathie:

Ou le présentateur de la matinale d'Europe 1 Thomas Sotto:

Du rab sur le Lab

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