Manuel Valls a-t-il enterré le récépissé ?

Publié à 17h33, le 25 juin 2012 , Modifié à 17h34, le 25 juin 2012

Manuel Valls a-t-il enterré le récépissé ?
Manuel Valls, lundi 25 juin, à Lyon (photo MaxPPP)

BATAILLE DE COM' - En affirmant, lundi 25 juin, ne pas vouloir "imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant", Manuel Valls a-t-il enterré le "récépissé" destiné à éviter les contrôles d'identité abusifs, à commencer par les policiers et gendarmes ? Oui, trois fois oui, affirment les syndicats de police, qui s'en réjouissent.

  1. "Je ne vois pas, à ce stade, comment ça marche" ...

    Attention, bataille de communication.

    Les syndicats de police assurent, ce lundi 25 juin, que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a "enterré" l'idée de créer un "récépissé" pour limiter les contrôles policiers abusifs.

    La création d'un tel dispositif avait pourtant été annoncée comme une certitude par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 1er juin (ça se passe à partir de 20', sur la vidéo ci-dessus).

    Voici les termes, définitifs, employés par plusieurs syndicats de police, ce lundi 25 juin.

    Pour Patrice Ribeiro, le secrétaire national de Synergie (2e syndicat d'officiers) :

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    "Le ministre a compris que c'était un non-sens."

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    Pas mieux pour Jean-Claude Delage, le secrétaire nationale d'Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix) :

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    "C'est une bonne chose que ce projet, ressenti comme une mesure de défiance et de frein à l'action policière, soit abandonné."

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    Problème : l'acte de décès officiel du dispositif n'a pas encore été prononcé, et il s'agit bien davantage d'une é-nième manière de faire pression sur le ministre de l'Intérieur pour en obtenir l'annulation.
     
     
    En déplacement à Lyon, le ministre de l'Intérieur s'est en effet borné à des déclarations qui vont, certes, dans le sens des syndicats de policiers, mais qui sont nettement moins définitives - et dans lesquelles il ne prononçait jamais le terme "reçu", ou "récépissé" : 
     

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    "Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant.
     

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    Je ne vois pas, à ce stade, comment ça marche"."

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    Et, dernière piste de réponse, Manuel Valls a encore promis de :
     

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    "Préserver (ndlr: les contrôles d'identité) en tant que moyens d'intervention au service d'une action policière légitime de lutte contre la délinquance."

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    Seule certitude : Manuel Valls consulte en ce moment à tout-va sur le sujet.
     

     
    Vendredi 22 dans la soiréee, il est ainsi allé dans le Val d'Oise s'entretenir notamment de cette question avec 12 policiers de la BAC et 12 gendarmes.
     
     
    Et doit "saisir très vite la Cnil", ainsi que des représentants d'association, comme les représentants en France de "l'Open society justice initiative", auteure, en 2009, d'une étude affirmant qu'un Noir ou un Arabe avait respectivement 6 et 7,8 fois plus de chance d'être contrôlé qu'un Blanc.

     

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