Maurice Leroy, Jean-Pierre Decool, Jacques Bompard : pourquoi ils se sont rattachés à Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan

Publié à 13h32, le 13 décembre 2013 , Modifié à 13h32, le 13 décembre 2013

Maurice Leroy, Jean-Pierre Decool, Jacques Bompard : pourquoi ils se sont rattachés à Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan
Jacques Bompard, Nicolas Dupont-Aignan et Maurice Leroy. (Montage via maxppp)

GIMMICK – Chaque année, les rattachements des parlementaires "à un parti ou un groupement politique dans le cadre de la législation sur le financement de la vie publique" révèlent leur lot de surprises. Et cette année ressort un principal bénéficiaire de ces surprises : Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan qui ne compte qu’un député, Nicolas Dupont-Aignan lui-même.

En 2012, DLR avait déjà bénéficié du rattachement du député UMP Lionnel Luca, comme le racontait le Lab. Mais en 2013, alors que la liste des rattachements vient d’être publiée sur le site de l’Assemblée nationale, Debout La République moissonne encore plus large avec des députés non-inscrits, de droite ou du centre. Sachant que chaque parlementaire rapporte  plus de 41 000€ au parti auquel il se rattache et que les transferts entre partis sont légaux, comme le note Pierre Januel sur son blog.

>> DLR remplace "Démocratie et République"

Contacté par le Lab, le député d’extrême droite Jacques Bompard explique que son rattachement à Debout la République n’est en fait pas une surprise. Il avance des raisons "techniques" :

Je m’y suis rattaché car avant j’étais dans une autre structure, celle du sénateur Masson. Et comme le nouveau règlement sur le financement des partis dit que cette structure n’est plus finançable, on s’est reporté sur Debout la République. Monsieur Masson s’est rapproché de Nicolas Dupont-Aignan.

Jusqu’ici, c’est donc la "structure" de Jean-Louis Masson, Démocratie et République, un micro-parti n’ayant aucune activité nationale, ni adhérent selon Mediapart, qui recueillait les rattachements de plusieurs élus. Lesquels ont décidé cette année de se reporter sur Debout la République.

D’autres députés appartenant à des groupes politiques comme Maurice Leroy (UDI) ou Jean-Pierre Decool, apparenté UMP, ont également choisi de se rattacher au parti de Nicolas Dupont-Aignan. Tous deux étaient auparavant rattachés au micro-parti du sénateur Masson. Qui aujourd’hui ne bénéficie plus d’aides publiques.

Au Lab, Nicolas Dupont-Aignan reconnait que le fait que son parti bénéficie de ces aides a joué. En échange d’une contrepartie ? Il ne le dira pas mais développe :

Nous avons eu le financement public suite aux dernières législatives. Avant, ils pouvaient se rattacher à d’autres structures ou à des partis d’outre-mer.

>> Des raisons idéologiques

Comme Lionnel Luca en 2012, plusieurs de ces députés se sont rattachés au parti souverainiste par accointances idéologiques. Comme Jacques Bompard, qui outre l’argument technique, avance l’argument des idées.

Il n’y a rien qui ne m’oppose à Debout la République.

Contacté par le Lab, le député apparenté UMP Jean-Pierre Decool, qui n’est pas encarté à l’UMP, "ni dans aucun parti" et simplement apparenté au groupe UMP, développe :

Je me retrouve dans les idées de Nicolas Dupont-Aignan. Je ne suis pas du tout indisposé par ses prises de position. C’est un gaulliste à l’état pur. Et je ne supporte pas le fonctionnement des partis politiques.

Les positions souverainistes de Nicolas Dupont-Aignan n’ont également pas du rebuter Véronique Besse, députée non-inscrit proche de Philippe de Villiers.

>> Les curiosités centristes

Enfin, Gilles Bourdouleix, ex-UDI exclu du groupe et du parti suite à ses dérapages sur les gens du voyage, a également fait le choix de Debout la République. Comme le porte-parole de l’UDI, Maurice Leroy qui, contacté par le Lab, n’a pas répondu à nos appels. Mais ce dernier était auparavant rattaché au parti de Jean-Louis Masson. Il a donc suivi le mouvement.

Cette vague de rattachement est tout benef’ pour Nicolas Dupont-Aignan, au moment où l’ancien candidat à la présidentielle vient de lancer "une grand souscription nationale" pour financer son parti.

Du rab sur le Lab

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