Morano a profité d'un hommage à Helmut Kohl au Parlement européen pour mettre Macron en garde contre la "trahison" des Constructifs

Publié à 09h52, le 01 novembre 2017 , Modifié à 08h44, le 02 novembre 2017

Morano a profité d'un hommage à Helmut Kohl au Parlement européen pour mettre Macron en garde contre la "trahison" des Constructifs
Nadine Morano © AFP

BREF - Nadine Morano est en mission. Car oui, en cet automne 2017, revoilà l'eurodéputée LR dans quelques médias et dans le débat public à droite, après une bonne petite traversée du désert - de sa mise au ban pour son "la France, pays de race blanche" à l'échec de sa candidature à la primaire de 2016. Récemment, on a ainsi pu voir l'ancienne secrétaire d'État sous Nicolas Sarkozy donner quelques interviews et surtout soutenir Laurent Wauquiez pour la présidence de Les Républicains, l'accompagnant à un meeting sur ses terres de Lorraine et tenant à le faire savoir sur les réseaux sociaux.

Et pour s'assurer de la visibilité de son *grand retour* sous les spotlights, Nadine Morano a bien bossé un angle d'attaque en particulier : se revendiquer de la vraie droite, dans une opposition ferme à Emmanuel Macron, et fustiger la "trahison" de ses collègues LR qui ont rejoint le gouvernement ou créé le groupe des Constructifs à l'Assemblée nationale. Mais elle ne se borne pas à un discours public sur le sujet : l'élue européenne s'active aussi en coulisses.

Ainsi apprend-on, au détour d'un long article du Point consacré à Thierry Solère mardi 31 octobre, que Nadine Morano a profité de la présence d'Emmanuel Macron au Parlement européen, pour un hommage à l'ancien chancelier allemand décédé Helmut Kohl, pour mettre en garde le chef de l'État français quant à la fourberie de ses soutiens venus de la droite. L'hebdomadaire raconte :

Le 1er juillet, lors d'une cérémonie d'hommage à Helmut Kohl à Strasbourg, l'eurodéputée Morano a chuchoté à Emmanuel Macron : 'Vous savez, ils nous ont trahis, ils vous trahiront.' 'Ne vous inquiétez pas, j'en suis conscient…' lui aurait répondu le président de la République.

 

Selon ce récit des événements, le Président serait donc "conscient" du risque pris en nommant Édouard Philippe à Matignon mais aussi Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin à des postes gouvernementaux essentiels, et en encourageant la création des Constructifs au palais Bourbon. La confiance règne.

Depuis le 1er juillet, la situation a toutefois légèrement évolué à droite, les élus LR Macron-compatibles ayant finalement, et au terme d'un looooong psychodrame dont ce parti a le secret, été exclus de LR en bonne et due forme. Ce qui renforce mécaniquement leur dépendance à l'exécutif et à La République en marche, sans pour autant garantir une éventuelle future "trahison"...



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Nadine Morano soutient donc Laurent Wauquiez, ultra-favori pour prendre la tête de LR au mois de décembre. "Je pense exactement comme lui" sur un certain nombre de sujets, dit-elle ainsi sur franceinfo mercredi 1er novembre. D'une ex-porte-flingue sarkozyste à un autre, cela n'est finalement pas très surprenant. Mais attention, elle n'est pas d'accord avec lui sur tout. Elle n'adhère par exemple pas du tout à ses propos hautement polémiques sur les agents Pôle Emploi qui conseilleraient aux chômeurs de "profiter de la vie" plutôt que de chercher un travail.

Elle le dit doucement, posément, mais elle le dit quand même (tout en estimant qu'il y a un "manque de contrôle" des demandeurs d'emploi dans ce pays) :

 

Non, je pense pas que les conseillers de Pôle Emploi disent des choses comme celle-là. [...] Non, je ne pense pas que les conseillers de Pôle Emploi s'inscrivent dans une démarche comme celle-là. Je crois qu'ils font le nécessaire.

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