Mosquée de Poitiers : Marine Le Pen renvoie le Bloc identitaire au Gisti et à SOS racisme

Publié à 09h21, le 22 octobre 2012 , Modifié à 16h23, le 23 octobre 2012

Mosquée de Poitiers : Marine Le Pen renvoie le Bloc identitaire au Gisti et à SOS racisme
Marine Le Pen à Sciences-Po Aix-en-Provence le 17 octobre 2012 (Maxppp)

Invitée de RTL ce 22 octobre, Marine Le Pen a été amenée à réagir à l'occupation par un groupuscule d'extrême-droite, le 20 octobre au matin, du chantier de la grande mosquée de Poitiers. Et la présidente du Front national a condamné ... les réactions politiques.

Je suis atterrée par les réactions d’hystérie de la classe politique !

Sur les faits, Marine Le Pen revendique une opinion "nuancée" et dit "comprendre les préoccupations" qui accompagnent la construction de "ces gigantesques mosquées, sans que les riverains aient donné leur avis, dont les financements sont contestables". Sur la forme, elle dit ne "pas partager ce mode d'action" car "la loi de 1905 veut que les lieux de culte ne soient pas ceux de l'expression politique".

Sur le terrain politique, la présidente du Front national refuse d'envisager une quelconque dissolution de Génération identitaire, ce groupuscule d'extrême-droite issu du Bloc identitaire et à l'origine de l'occupation de la future mosquée. Elle répète là-encore que cela serait "disproportionné" et fustige la "condamnation unanime de la classe politico-médiatique".

Plutôt que de s'attarder sur l'action de Génération identitaire, Marine Le Pen s'en prend à un autre type d'"occupation d'église", selon ses mots : celle de la basilique Saint-Denis en 2002 et celle de l'église Saint-Bernard en 1996, occupées dans les deux cas par des sans-papiers. Avant d'être évacués par les forces de l'ordre, ces derniers s'étaient enfermés pour réclamer une régularisation de leur situation.

Rien à voir, donc, avec le refus du Bloc identitaire de voir se construire une mosquée à Poitiers. Mais Marine Le Pen tient son parallèle tout au long de l'interview :

J’aurais aimé qu’il y ait les mêmes réactions lorsqu’ il y a eu de multiples occupations d’églises. C’était devenu traditionnel à un moment donné, on occupait la basilique Saint-Denis, on occupait l’église Saint-Bernard …

Et estime que si on doit dissoudre le Bloc identitaire, alors le Gisti et SOS racisme - deux associations qui soutiennent les immigrés - méritent la même sentence pour avoir accompagné les sans-papiers à l'époque :

Dans ce cas là il faut demander la dissolution du Gisti et de SOS racisme qui avaient eux même poussé à l’occupation d’un certain nombre d’églises sans susciter la condamnation unanime de la classe politico médiatique.

Quatre militants du groupuscule d'extrême-droite étaient encore en garde à vue dimanche 21 octobre après avoir occupé, avec soixante-dix autres,  le chantier de la future mosquée de Poitiers. Sur leur site internet, le groupe a évoqué Charles Martel qui, "il y a bientôt 1300 ans, arrêtait les Arabes à Poitiers".

Une référence à laquelle Marine Le Pen répond par l'ironie :

Il faudrait faire là-aussi une repentance pour s’excuser de l’action de Charles Martel ?

Une allusion à la reconnaissance par François Hollande de la "répression sanglante" par les forces policières de la manifestation d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

Du rab sur le Lab

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