Morano : délit de faciès

Publié à 07h18, le 08 février 2012 , Modifié à 21h39, le 08 février 2012

Morano : délit de faciès

La campagne électorale se tend et atteint un niveau bien peu reluisant. Notre blogueur Guy Birenbaum est stupéfait des propos que tient Nadine Morano dans Le Parisien et qui ont alimenté la polémqiue ce mercredi.

  1. On avait dit "pas le physique" !

    Sur leparisien.fr

    Voici quelques lignes qui vont enrichir le débat présidentiel.

    Ce matin, voici les arguments qu'utilise Nadine Morano dans Le Parisien :

    "

    Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. On sent du coup qu'il n'y a pas de communicant derrière. Contrairement à Segolène Royal qui est allée jusqu'a la médecine esthétique et la correction dentaire.

    "

    J'ai relu plusieurs fois ces lignes pour me persuader que je ne rêvais pas.

     
    Au prétexte d'évoquer la communication (qui a vraiment bon dos...), la ministre franchit des limites très rarement atteintes : l'accent d'Eva Joly - encore - et puis, surtout, l'attaque sur son physique et, enfin, l'évocation de la "médecine esthétique" et de "la correction dentaire" concernant Ségolène Royal.

    Autant d'"arguments" (?) que les politiques de ce niveau n'utilisent quasiment jamais les uns envers les autres.

    Nous sommes plutôt là sur un "registre" qui rappelle à la fois les articles les plus virulents de la presse d'extrême droite ou les publications les plus trash ; bien que ces dernières réservent leurs salves aux "peoples" et osent très rarement s'attaquer à la "médecine esthétique" chez les politiques, au delà des régimes.

    En descendant à ce niveau et en "se payant" Eva Joly et Ségolène Royal sur le physique, madame Morano prend un risque considérable, au delà du désaveu général qui va venir, même de sa famille politique.

    Le débat politique avait déjà atteint ces derniers jours un niveau lamentable.

    Il est encore davantage tiré vers le bas.

    Jusqu'où iront-ils/elles ?

  2. "Ce n'est pas une critique sur son physique" assure Morano

    Sur leparisien.fr

    Nadine Morano apporte des précisions sur la citation qui fait tant jaser ce mercredi.

    Extrait d'un article sur le site du Parisien

    "

    Je n'ai rien contre Eva Joly que je respecte en tant qu'adversaire politique. Je n'ai pas du tout attaqué sa personne. Quand je parle de son physique, je veux dire l'aspect physique, sa façon de se présenter face aux photographes, aux caméras. [...]

    On sent qu'il n'y a pas de communicant derrière elle, c'est tout ce que j'ai dit. Prenez Angela Merkel, c'est une femme qui est bien habillée, bien coiffée, impeccable. Toujours tirée à quatre épingles.

    J'étais interrogée par votre journal sur la série de France 2 Les hommes de l'ombre (NDLR dans laquelle Anne Visage, ministre de centre-droit incarné par Nathalie Baye se lance à la conquête de l’Elysée).

    Nous évoquions la communication, les problèmes d'image. C'est dans ce cadre là que je me suis exprimée. Ce n'est pas une attaque politique contre Eva Joly ni une critique sur son physique

    "
  3. Des paroles déformées se plaint-elle sur son blog

    Sur nadinemorano.fr

    La ministre des gazouillis publie un billet de blog où elle laisse éclater sa colère. En résumé, c'est la faute des journalistes qui déforment tout selon elle. Nadine Morano assure avoir voulu, au contraire, dire du bien de la candidate écolo.

    "

    Maintenant ça suffit ! Je dis aux journalistes qui déforment nos propos et cherchent la polémique, que ce sport national devient insupportable pour les responsables politiques comme pour nos concitoyens.

    "
  4. Eva Joly s'en moque

    Sur europe1.fr

    Tôt mercredi matin, Cécile Duflot s'est d'abord exclamée sur Twitter "ça suffit" puis a qualifié ces attaques contre sa candidate de "rances et révélatrices".

    Invitée de RMC, la principale intéressée a répondu par le mépris (vers 3 minutes de la vidéo ci-dessous) :

    "

    Ce que dit Nadine Morano, honnêtement, ça m'est complètement égal.

    "

    Sur Europe 1, Valérie Pécresse, ministre du Budget, s'est montrée solidaire avec sa collgègue du gouvernement, refusant de participer au "Morano bashing".

Du rab sur le Lab

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