Affaire Fillon : Cambadélis dénonce un "coup d’État institutionnel" des 4 présidents de groupe de la droite et du centre

Publié à 16h31, le 12 février 2017 , Modifié à 16h33, le 12 février 2017

Affaire Fillon : Cambadélis dénonce un "coup d’État institutionnel" des 4 présidents de groupe de la droite et du centre
Jean-Christophe Cambadélis © AFP

Dans une tribune publiée ce dimanche 12 février dans Le JDD, les présidents des quatre groupes parlementaires de la droite et du centre accusent la justice de ne pas respecter la séparation des pouvoirs et de prendre en "otage" l’élection présidentielle. Une enquête a été ouverte par le parquet national financier (PNF) après les révélations du Canard Enchaîné sur les emplois fictifs présumés de l’épouse et de deux enfants du candidat LR François Fillon, comme assistants parlementaires.

Sur Twitter, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé une "tentative d’intimidation de la justice" qui relève, selon lui, du "coup d’État institutionnel" :

"Camba" reprend dans sa bouche les mots de François Fillon, qui voit dans l’affaire du Penelope Gate un "coup d’État institutionnel venu de la gauche" .

Dans la tribune commune publiée par l’hebdomadaire, Christian Jacob (groupe LR, Assemblée nationale), Bruno Retailleau (groupe LR, Sénat), Philippe Vigier (groupe UDI, Assemblée nationale) et François Zocchetto (groupe UC, Sénat), écrivent :

 

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La séparation des pouvoirs a été malmenée dans la procédure qui vise François Fillon. [...] Avec une réactivité surprenante, une procédure d'enquête a été engagée sur la base d'un délit qui n'existe pas pour un parlementaire, et de surcroît avec l'objectif de contrôler dans le détail l'activité d'un député et de ses collaborateurs. [...] En écartant le principe de séparation des pouvoirs, l'élection présidentielle a été prise en otage.

"

 

Les quatre présidents de groupe évoquent un "risque de priver les électeurs du droit fondamental à exercer leur choix souverain si près de l'élection présidentielle". "Ceux qui ont en charge d'appliquer la loi doivent la respecter", demandent encore ces parlementaires. "Notre justice ne doit pas s'aventurer sur le terrain de la politique et des médias", soulignent les élus, accusant en outre les responsables de l'enquête sur le candidat de la droite à la présidentielle de manquer à leurs obligations de discrétion. "Une faute a été commise par ceux qui se sont exonérés du secret de l'enquête et qui ont préféré le bruit médiatique au droit", font-ils valoir.

Ce dimanche, le PNF a affirmé qu’"aucune décision [n’avait été] prise à ce stade de l'enquête" et qu’"aucun calendrier" n’avait été "fixé à ce jour".

Une fois terminée, l'enquête préliminaire ouverte le 25 janvier pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, le parquet national financier (PNF) aura trois options : une citation directe des protagonistes pour un procès devant le tribunal correctionnel s'il estime que des délits sont caractérisés, l'ouverture d'une information judiciaire pour confier la poursuite des investigations à des juges d'instruction ou un classement sans suite s'il n'y a pas d'infraction.

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