Pour attaquer François Fillon, Florian Philippot et Gilbert Collard se contredisent malgré eux

Publié à 21h34, le 23 novembre 2016 , Modifié à 21h41, le 23 novembre 2016

Pour attaquer François Fillon, Florian Philippot et Gilbert Collard se contredisent malgré eux
Florian Philippot et Gilbert Collard © Captures d'écran Europe 1

On peut tout à fait se tromper mais la victoire potentielle de François Fillon à la primaire de la droite semble ne pas être une bonne nouvelle pour le Front national. En témoignent les difficultés qu'éprouve l'extrême droite depuis dimanche pour attaquer le nouveau favori des sondages.

Certains tentent de cibler l'ancien Premier ministre en déterrant des archives où l'on voit François Fillon inaugurer une mosquée ou expliquer, en 2009, que les minarets doivent "s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse" dans les paysages de nos villes.

D'autres, comme Florian Philippot sur Europe 1 ce mercredi 23 novembre, fustigent le programme du candidat de la primaire de la droite. Le numéro 2 du FN a ainsi déclaré :

Il est sans fard, c'est pas Nicolas Sarkozy qui essaie de se présenter pour ce qu'il n'est pas, il est clairement ultralibéral, clairement pour l'austérité [...] c'est un programme d'une violence inouïe.

 

Le numéro 2 du FN n'apprécie donc pas les propositions de François Fillon. Sauf que tout le monde ne pense pas ça dans l'entourage de Marine Le Pen. Invité du Club de la presse ce mercredi soir, sur Europe 1, Gilbert Collard a estimé, pour sa part, que l'ancien Premier ministre s'était un peu trop inspiré du FN pour rédiger son programme. Il a dit :

Il est le Arsène Lupin de l’extrême-droite. C’est un gentleman cambrioleur : il est très chic, très droit, très bien mis sur lui, avec un phrasé toujours très architectural. Mais il nous pique tout.

 

On notera au passage que Gilbert Collard a qualifié son camp "d'extrême droite".

Pour parfaire son attaque, le député RBM du Gard a pris pour exemple l’aide médicale d’État. François Fillon souhaite la remplacer par une dispense de frais de santé limitée aux urgences et aux maladies graves. Le FN, lui, veut la supprimer. "À l’Assemblée j’avais pourtant proposé un amendement pour la suppression de l'aide médicale d'État. Il avait voté contre", a ainsi rappelé Gilbert Collard. "Il n'était pas présent au moment des combats", a-t-il ajouté en référence à l'opposition au mariage pour tous, "mais il récupère ces combats qu'il n'a pas menés".

Gilbert Collard et Florian Philippot, deux membres du comité stratégique de Marine Le Pen pour 2017, ne sont donc pas d'accord sur la manière d'attaquer François Fillon et finissent par se contredire à distance. D'un côté, un programme "d'une violence inouïe" et, de l'autre, un candidat qui récupère beaucoup trop les combats menés par le FN. Allez comprendre…

Au moins les deux sont-ils tombés d'accord sur un point : François Fillon a un bilan. "On va quand même se rappeler que Fillon a été son unique et seul Premier ministre [de Nicolas Sarkozy, NDLR] pendant cinq ans, et donc il endosse l'intégralité du bilan du quinquennat en tous domaines et en tous points. On aura toute la campagne pour le rappeler", a ainsi prévenu Florian Philippot.

D'accord, aurait pu répondre Gilbert Collard. "Fillon a une histoire quand même, il n'est pas là d'aujourd'hui ! Le principal argument c'est que monsieur Fillon a trimbalé sa carriole politique sur tous les chemins chaotiques de la vie politique de la France et qu'on en arrive aujourd'hui à l'état où en est le pays", a lancé le député, estimant que François Hollande n'est pas responsable "de tout".

Si le FN en est à défendre Hollande pour attaquer Fillon, c'est que le parti n'est peut-être pas très serein. 

Du rab sur le Lab

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