Pour Jean-Christophe Lagarde, la montée du FN "favorise la propagande de Daesh"

Publié à 10h30, le 30 novembre 2015 , Modifié à 10h38, le 30 novembre 2015

Pour Jean-Christophe Lagarde, la montée du FN "favorise la propagande de Daesh"
© Montage Le Lab via captures d'écran France Info

Le FN fait le jeu de Daesh. C'est l'avis de Jean-Christophe Lagarde. Le patron de l'UDI le dit sans détour, lundi 30 novembre sur France Info : "Daesh bénéficiaire du Front national". 

Interrogé sur les récents sondages favorables au parti d'extrême droite, à moins d'une semaine des élections régionales et deux semaines après les attentats de Paris et Saint-Denis, le député-maire de Drancy y voit un "paradoxe" : celui de voir les Français se tourner vers un parti qui selon lui "favorise la propagande de Daesh". Il explique :

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- Jean-Christophe Lagarde : Le paradoxe, c'est, après les attentats, de voir que l'extrême droite se renforce alors que c'est quelque chose qui, à mon avis, favorise la propagande de Daech. Parce que la propagande de Daech, c'est d'expliquer qu'on ne veut pas des musulmans en France, et donc si le vote c'est le Front national, ça veut dire qu'on va leur donner un boulevard pour expliquer que nous ne sommes pas un pays où tout le monde peut vivre en respectant les lois de la République.



- Jean-François Achilli : Vous dites 'le FN, bénéficiaire de Daesh' ?



- Jean-Christophe Lagarde : Non, je dis 'Daesh bénéficiaire du Front national', c'est pas tout à fait la même chose.

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D'autant que le leader centriste voit un deuxième aspect à ce "paradoxe" : la poussée du FN se fait alors que le parti s'est, ces derniers mois et encore très récemment, opposé à toute une série de mesures sécuritaires visant à lutter contre le terrorisme. Jean-Christophe Lagrde poursuit :

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Et la deuxième chose, le paradoxe, c'est que les Français semblent, d'après les sondages, se tourner vers ceux qui nous désarment systématiquement. Quand on vote une loi sur le renseignement pour essayer de savoir ce que préparent les organisations terroristes, le Front national vote contre. Lorsque Christian Estrosi, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dit 'il faudrait poser des portiques dans un certain nombre de gares pour sécuriser les transports', Marion Maréchal-Le Pen est contre. Lorsqu'on dit qu'il faut un fichier PNR [...], c'est madame Le Pen, Marine Le Pen elle-même qui, au Parlement européen, vote contre [voir ici, ndlr].



En clair, le Front national qui parle très fort, qui donne des leçons à tout le monde, dans ses actes et dans ses votes, il délivre un droit de circuler anonymement aux terroristes, un droit de monter dans les trains avec des kalachnikovs si nécessaire, c'est le parti qui se bat le moins et qui assure le moins la sécurité.

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Et de conclure qu'à son tour le FN pourrait "bénéficier" de ce contexte post-attentats, comme s'en sont déjà félicités certains cadres frontistes :

 

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J'alerte les Français : ce serait un paradoxe que ce soit ce parti-là [...] qui vienne à bénéficier des attaques barbares de Daesh.

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Jean-Christophe Lagarde n'est cependant pas le premier à développer cet argumentaire. Le 20 novembre, c'est Éric Coquerel, coordinateur du Patri de gauche, qui estimait que "le FN est l'allié objectif des terroristes".



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