Sarkozy et les syndicats : la guerre est déclarée

Publié à 19h00, le 30 mars 2012 , Modifié à 19h48, le 30 mars 2012

Sarkozy et les syndicats : la guerre est déclarée
François Chérèque, Bernard Thibault et Nicolas Sarkozy à l'Elysée le 3 novembre 2008 (Maxppp)

Nicolas Sarkozy a multiplié les sorties contre les syndicats lors de ses derniers meetings. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a donc répliqué vendredi et accusé Nicolas Sarkozy de "manipulation de l'opinion" et de "démagogie populiste" en tapant à "bras raccourcis sur les syndicats" et en refusant d'assumer son "compagnonnage régulier" avec la CGT durant son mandat.

Le président-candidat n'a pas toujours été aussi dur avec les syndicats. Ils ont même travaillé en étroite collaboration pendant son quinquennat.

  1. Des corps intermédiaires aux syndicats

    Sur lelab.europe1.fr

    Les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts, les commentateurs, tout le monde veut parler à la place du peuple sans jamais se soucier de ce que le peuple veut, de ce qu’il pense et de ce qu'il décide. Comme si le peuple n’était pas assez intelligent, pas assez raisonnable

    Ainsi parlait Nicolas Sarkozy le 16 février dernier, pendant son premier meeting à Annecy, fustigeant ces "corps intermédiaires" qui font "écran entre le peuple et le gouvernement".

    En février, les attaques de Nicolas Sarkozy portaient donc sur les corps intermédiaires dans leur globalité. Depuis quelques semaines en revanche, les piques sont adressées aux seuls syndicats.

  2. Soubie, l'homme qui faisait le lien avec les syndicats

    Sur lejdd.fr

    Quand j'entends le président de la République qui tape sur les syndicats à bras raccourcis pour faire de la démagogie populiste, pour donner le sentiment que (ce sont ) les syndicats qui l'ont mis en difficulté, inévitablement, on voit bien que c'est un danger pour la démocratie sociale

    déclare François Chérèque, vendredi à BFM Business. Selon le secrétaire général de la CFDT, cette attitude du président-candidat "est en rupture avec ce qu'il a fait pendant cinq ans" :

    Pourquoi il n'assume pas ce qu'il a fait? Pourquoi il n'assume pas qu'il a eu besoin de la CGT, par exemple pour faire négocier la réforme des retraites chez les cheminots? Pourquoi il n'assume pas son compagnonnage régulier avec la CGT?

    La clé de ce message sibyllin s'appelle Raymond Soubie, qui a été jusqu'en novembre 2010 conseiller social de Nicolas Sarkozy, notamment sur la réforme des retraites. Un portrait de lui avait été publié dans le JDD en janvier 2010, où il apparaissait en  effet que Raymond Soubie entretenait "les meilleures relations avec Bernard Thibault", le Secrétaire général de la CGT. Dans Le Monde, on peut aussi lire :

    M. Soubie, qui a toujours manifesté une certaine empathie à l'égard de la CGT

    Et de fait, Nicolas Sarkozy a reçu très régulièrement à l'Elysée les syndicats pendant son quinquennat, au gré des réformes à négocier.

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