Sarkozy/Netanyahou : le buzz à retardement

Publié à 12h03, le 08 novembre 2011 , Modifié à 16h52, le 08 novembre 2011

Sarkozy/Netanyahou : le buzz à retardement
Nicolas Sarkozy et Benjamin Nétanyahou le 5 mai 2011 sur le perron de l'Élysée. (Reuters)

"Je ne peux plus le voir. C'est un menteur",  aurait glissé Nicolas Sarkozy à Barack Obama en parlant de Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien en marge du G20 à Cannes la semaine dernière.

Cette conversation à huis clos entre le chef de l'État et son homologue américain a été interceptée par quelques journalistes, mais ne fait jaser que depuis lundi soir.

Le Lab retrace le parcours de ce buzz à retardement.

  1. Jeudi 3 novembre : une conversation secrète Obama - Sarkozy

    Jeudi 3 novembre, quelques minutes avant la conférence de presse commune des Présidents américain et français, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont une discussion privée à bâtons rompus.

    Nicolas Sarkozy à propos de Benjamin Netanyahou :

    Je ne peux plus le voir, c'est un menteur.

    La réponse de Barack Obama :

    Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours !

    Quelques minutes plus tard, les deux hommes font face à la presse internationale et reprennent leurs discours policés après la blague de Barack Obama sur la petite Giulia.

  2. Dimanche 6 : une petite phrase sur un blog du Monde

    Sur elysee.blog.lemonde.fr

    Dimanche 6 novembre, le journaliste du journal Le Monde chargé du suivi de l'Elysée publie un long billet de blog dans lequel il évoque, en une phrase, l'échange entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy.

    Auparavant, les deux dirigeants se sont affligés à huis clos de leurs relations difficiles avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

  3. Lundi 7 : le site Arrêt sur images révèle la conversation

    Sur arretsurimages.net

    Le lendemain, le site Arrêt sur Images publie le verbatim du coup de sang du président français contre le premier ministre israélien. Et il rend aussi publique la façon dont les journalistes ont pu écouter ce huit-clos.

    EXTRAITS

    L'Elysée a distribué les casques de traduction trop tôt

    Pendant que les présidents discutaient, les journalistes se sont vu remettre les boîtiers qui devaient permettre la traduction de leurs propos, une fois qu'ils seraient prêts à répondre à la presse. Une voix bien intentionnée a cru bon de préciser que les casques n'étaient pas distribués, parce qu'ils auraient permis de suivre la conversation à huis-clos en train de se dérouler ! Ni une ni deux, une demi-douzaine de journalistes ont empoigné leurs oreillettes de téléphones portables ou leurs casques pour les brancher sur les boitiers.

    Un pacte entre journalistes pour ne pas en parler

    Les journalistes présents se sont en effet mis d'accord pour ne pas les exploiter : "Nous n'avons rien enregistré, et les utiliser revenait à reconnaître qu'on avait triché, explique l'un d'eux. De plus, cela aurait gravement mis en difficulté les personnes chargées de l'organisation." Un membre de la hiérarchie d'un média confirme :"Il y a eu des discussions entre les journalistes sur place, qui sont convenus de ne rien en faire. C'est un sujet un peu sensible : il est embêtant de ne pas faire état de ces informations, mais en même temps, nous sommes soumis à des règles déontologiques précises, et diffuser ces phrases revenait à les enfreindre."

  4. Mardi 8 : Guy Birenbaum en parle sur Europe 1

    Sur europe1.fr

    Le lendemain à l'aube, Guy Birenbaum, blogeur au Lab et chroniqueur sur Europe 1, consacre sa revue du  net à cette fuite sonore.

    Un bref article dans Le Parisien du jour

    Le Parisien Aujourd'hui en France a également repris l'information d'Arrêts sur images dans son édition du mardi. 

  5. Quelques minutes plus tard, la dépêche AFP

    A 8H20 très exactement, l'Agence France Presse envoie à toutes les rédactions abonnées à son fil la dépêche suivante.

    "Un menteur": quand Sarkozy critique Netanyahu en privé devant Obama

    PARIS, 8 nov 2011 (AFP) - Nicolas Sarkozy a traité le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de "menteur" lors d'une conversation privée, le 3 novembre au G20 à Cannes, avec le président américain Barack Obama, qui a répondu devoir "traiter avec lui tous les jours", affirme le site Arrêt sur images.

    "Je ne peux plus le voir, c'est un menteur", a lancé le président français. "Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours !", a rétorqué Barack Obama, selon le site, qui rapporte leurs propos sans préciser s'il existe un enregistrement sonore de ces déclarations. L'échange Sarkozy-Obama, qui s'est tenu à huis clos, aurait dû rester off mais est parvenu aux oreilles de journalistes de façon fortuite, selon Arrêt sur images.

    L'organisation ayant remis aux médias avec un peu d'avance les boîtiers permettant la traduction de la conférence de presse Obama-Sarkozy, certains journalistes y ont branché rapidement des casques ou oreillettes de téléphone portable, réussissant à capter quelques échos de la conversation privée, selon le site.

    Interrogés par l'AFP, plusieurs journalistes ont confirmé ces propos. Arrêt sur images affirme encore, sans citer de déclarations précises, que Barack Obama aurait reproché à Nicolas Sarkozy lors de cet entretien de ne pas l'avoir prévenu qu'il allait voter en faveur de l'adhésion de la Palestine à l'Unesco, alors que les Etats-Unis y étaient fermement opposés.

    Copié-collé général

    Cette dépêche est ensuite recopiée sur la plupart des sites d'informations :

    Même chose pour la dépêche Reuters sur :

  6. Le buzz décolle

    Le Lab a sélectionné dix tweets et cinq statuts Facebook publics représentatifs des réactions au jugement de Nicolas Sarkozy concernant le Premier ministre israélien. 

  7. La presse mondiale en fait ses choux gras

    Sur guardian.co.uk

    Les sites internet du monde entier s'emparent à leur tour de ces propos volés. Notamment :

  8. Mercredi 9 : on apprend que Papandréou en a aussi pris pour son grade

    Sur leparisien.fr

    L'édition du Parisien du 9 novembre révèle que "Dans leur aparté, Sarkozy et Obama n’ont pas non plus épargné Papandréou".

    EXTRAIT

    Sarkozy s'est exprimé ainsi : «Ce fou de Papandréou nous sort son référendum. C'est parce qu'il est dépressif, ça sert à rien de lui taper dessus. Il est déjà à terre. Knockout».

    Il existe d’ailleurs un enregistrement de cette partie de l’entretien non diffusé à ce jour.

  9. Cet article se construit avec vous !

    Vous avez des liens, vidéos ou articles qui nous permettraient d'aller plus loin sur cette conversation secrète ? Laissez vos liens dans les commentaires, nous les intégrerons dans la page !

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